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Antoine Casanova format 16,5x24 cm, 324 pages, ISBN 2-910828-47-9,
22 euros Réimpression du livre paru à La Boutique de l'Histoire éditions en 2001 |
Comment Napoléon Bonaparte s'est-il situé par rapport aux attitudes de pensée de son temps ? Sa vision du monde relève-t-elle du spiritualisme ou des courants matérialistes ? Comment comprend-il l'histoire des sociétés et tout particulièrement ce qu'il appelle "les révolutions sociales" ? Quels sont les traits singuliers, les impasses, les constructions conscientes et inconscientes qui apparaissent dans ses réflexions sur le sens et la place de son existence de 1789 à 1815, en ce "quart de siècle équivalent à plusieurs siècles" (Chateaubriand) ?
L'auteur met ici en ouvre une approche encore rare dans les études sur Napoléon : celle de l'écoute, de l'analyse attentive, de la compréhension des textes mais aussi des paroles de l'Empereur notamment à Sainte-Hélène (y compris celles qui ont pu jusqu'ici paraître marginales ou secondaires).
INTRODUCTION, 7
PREMIÈRE PARTIE, 21
CHAPITRE I : Matière, vie et statut de la pensée, 23
I. La Vie et l'organisation de la matière, 23
Anticléricalisme politique et laïcité de l'État
Un athéisme affirmé
«Tout n'est que matière plus ou moins organisée»
La matière vivante et son mouvement
II. Une démarche critique envers la réduction des complexités de la nature,
34
Fluides, éther, électricité
La distinction entre le «merveilleux» et les «merveilles» de la nature
CHAPITRE II : Histoire, nature et spécificité des comportements
humains, 49
I. La place de la connaissance historique dans la formation de la pensée de
Napoléon, 49
II. Connaissance et expérience historiques et spécificité des réflexions
matérialistes de Sainte-Hélène, 55
Lectures historiques et participation à la transformation historique des années 1780 à
1815
«L'histoire voilà l'ennemie de la religion...»
III. Un rationalisme qui refuse le matérialisme phrénologique, 65
L'organisation des familles ne dérive pas du droit naturel
La critique de Gall
Le penchant au vol ne dépend pas du cerveau mais de l'existence de sociétés connaissant
la propriété
Newton, Bonaparte et l'avenir de la connaissance
DEUXIÈME PARTIE, 79
CHAPITRE III : «Comment écrire et comprendre l'histoire des
sociétés?», 81
I. «Mon plaisir serait d'écrire l'histoire», 82
Historiens, intérêts des privilégiés et documents du passé
«Il faut observer et non pas commenter»
II. Comment comprendre le cours de l'histoire?, 90
Observations des «révolutions religieuses» du passé et méditation sur l'histoire
contemporaine
Les terrains de la formation du Christianisme et de la connaissance de l'Islam
L'expérience d'acteur et de spectateur de l'histoire contemporaine
Les «circonstances», la «force des choses»
III. Les «Crises», les «Révolutions» et les «masses», dans l'histoire,
98
Mouvement des Lumières, conditions concrètes d'existence et structures politiques
Éruptions volcaniques et explosions révolutionnaires
Est-ce les transformations des besoins sociaux de nature religieuse qui font surgir les
prophètes?
«J'ai toujours marché avec l'opinion des grandes masses»
CHAPITRE IV : «Raisons et portée de la Révolution française dans
l'histoire», 111
I. Les racines de la Révolution française, 112
Le «ferment industriel» et la «guerre des champs contre les comptoirs»
Qu'est-ce que «la classe moyenne»?
Classe paisible et industrieuse, classes indigentes et laborieuses
Une représentation contradictoire et originale des rapports entre bourgeoisie, classes
populaires, nation et combat contre l'Ancien Régime
«Un mouvement général de la masse de la Nation contre les privilèges»
Intérêts de la Révolution et théories de la Révolution
II. Révolution et contre-révolution : Une contradiction essentielle et mouvante,
125
Les raisons essentielles des guerres en Europe de 1792 à 1815: «La lutte du passé et de
l'avenir»
III. La portée de la Révolution française et l'histoire humaine, 128
Tous ces changements étaient conformes au bien de la nation, à ses droits, à la
justice, aux lumières du siècle
«Les plus sales fumiers provoquent la plus noble végétation»
«Ce sera comme un livre dont on ôtera le signet en reprenant la lecture»
TROISIÈME PARTIE, 137
CHAPITRE V : La figure de Robespierre et les paroles de Napoléon
Bonaparte, 139
I. Désarroi, silence et confidences, 141
Les perspectives du printemps 1794
Les ordres et les niveaux d'une rupture
Silences et confidences après Thermidor
II. Le dîner d'Ancône : Robespierre, miroir de Bonaparte?, 158
Faits réels et insensibles distorsions
Référent romain et références à Robespierre
Une évocation de Robespierre où se cristallisent les rêves de Bonaparte
III. Comprendre Robespierre, une attitude exceptionnelle entre 1815 et 1820,
173
Silence, distance et admiration du Consulat à 1815
Les paroles de l'exilé sur Robespierre, un défi alors rare
La chute de Robespierre et l'analyse des contradictions de la Montagne
La recherche d'une réponse aux impasses et aux angoisses, une autre signification des
paroles de Sainte-Hélène sur Robespierre
CHAPITRE VI : La transformation de l'outillage conceptuel des
Lumières dans les paroles de Sainte-Hélène, 195
I. Rousseau, Buffon, Guizot et Tocqueville, 195
Transformations sociales, Révolution et ferment industriel
II. Comment penser avec rigueur raisonnée les rapports entre les nécessités des
«circonstances», le rôle des individus et celui du hasard?, 204
«N'agir que sur les masses et par les masses»?
Les aléas d'une vie, le briquet et la matière inflammable
«J'ai toujours aimé apprécier les hasards qui se mêlent à certains événements»
III. Un déterminisme probabiliste?, 210
«Les choses ne se ressemblent jamais»
Comment «opérer le partage de la science et du hasard?»
QUATRIÈME PARTIE : MOUVEMENT HISTORIQUE ET SINGULARITÉ PERSONNELLE DANS LES PAROLES DE SAINTE-HÉLÈNE, 217
CHAPITRE VII : Empereur ou dictateur?, 221
I. Qui suis-je comme empereur?, 222
Une «dictature accidentelle» comme à Rome «lorsqu'il fallait un dictateur pour sauver
la République»?
«Roi des nobles» et «roi du peuple»?
«Un médiateur naturel» dans «l'immense lutte entre le présent et l'avenir»?
Maintien et mises en question du projet dynastique dans les paroles de Sainte-Hélène?
«Parce que je me suis élevé de la canaille au plus haut sommet du pouvoir. parce
que je n'étais pas des leurs ils ont pris le parti de m'opprimer et humilier.»
II. Remémoration et résurgences rénovées des référents héroïco-civiques
dans les conversations de l'exil, 240
Tournures, expressions et réminiscences du style républicain
La rude expérience commencée en 1815 et le retour progressif du lieutenant Bonaparte,
l'ami des Lumières, l'ami d'Augustin Robespierre?
La République, le soleil, les Adresses des armées
«J'ai presque pleuré en lisant»
La mauvaise foi prend son sens freudien
CHAPITRE VIII : L'empereur insurgé et ses insurmontables
impasses, 255
I. Des pôles de références inséparables et contradictoires, 258
«J'avais en moi l'instinct d'une issue malheureuse»
II. «J'ai trop compté avec le gain de la bataille de Waterloo», 267
Un comportement étrange de chef de guerre le 17 juin?
Un croissant sentiment d'angoisse et d'impasse
La place des «partis à prendre après Waterloo» dans les conversations d'exil
«Au retour de l'île d'Elbe j'ai commis plusieurs fautes»
III. Aurais-je dû mourir ?, 282
Incertitudes et «mélancolie»
Le suicide est-il une lâcheté?
«Il faut laisser le champ libre à l'imagination. J'aurais dû mourir au
Kremlin.»
«Pas une balle pour moi»
CONCLUSION : UN CHANTIER LARGEMENT OUVERT, 293
INDEX, 315
Comment les conceptions et les analyses philosophiques venues des Lumières ont-elles pu se transformer dans le contexte des recherches et des expériences sociales, culturelles et politiques radicalement neuves qui sont intervenues en France de 1789 à 1815? Comment des individus au travers de leur mode personnel de participation à ces mutations et à ces expérimentations historiques, ont-ils pu contribuer de manières diversement spécifiques et originales au mouvement d'évolution de ces catégories de pensée des Lumière? Poser ces questions, c'est évoquer un front de recherche encore très peu défriché. Les études conduites sur ce chantier ont permis de mieux percevoir et comprendre quelques uns des traits des transformations qui ont été apportés à des concepts sociaux et politiques, comme celui de révolution, par des hommes comme Barnave, Saint-Just ou Robespierre. Trop peu de recherches se sont par contre attachées à examiner l'évolution qui, sur le plan des catégories de pensée, a pu être celle des principaux acteurs et témoins des mutations sociales, politiques et scientifiques entre 1789 et 1815. Il en va ainsi pour l'un des plus notoires acteurs de ces décennies, Napoléon Bonaparte. Les travaux historiques ont, pour l'essentiel, laissé dans l'ombre l'étude des attitudes de pensée qui caractérisent la vision du monde de l'empereur. Beaucoup demeure ainsi à faire pour cerner et identifier les traits spécifiques des catégories philosophiques des élaborations de pensée de Napoléon dans les dernières années de sa vie, celles de l'exil. De récents ouvrages permettent de mieux cerner la nature des différentes démarches culturelles par lesquelles, au niveau des textes (et notamment des productions historiques), au niveau des arts figuratifs comme au niveau des liturgies politiques, l'empereur travaille à faire mettre en scène la vision qu'il veut donner de son pouvoir: «Toutes les dictatures euro-péennes se sont remodelées sur la construction imposante des rituels napoléoniens qui prévoyaient avant tout un cérémonial, conçu dans le détail par Napoléon lui-même, et si compliqué qu'il frôlait l'allégorie. Il était même plus spectaculaire que celui du Vatican pourtant perfectionné au cours des siècles». Ainsi «on n'avait pas vu une telle débauche d'imagination symbolique allant jusqu'aux fantaisies les plus compliquées, depuis la floraison de l'art allégorique du XVIIe siècle qui avait sublimé le défi que l'Église de Rome avait lancé, après le Concile, à la rigueur luthérienne». L'apport de pareils ouvrages serait sans doute encore plus précieux et enrichissant pour la connaissance historique s'ils allaient plus avant dans l'étude de la spécificité historique des stratégies et des liturgies à finalités politiques de Napoléon. Suffit-il en effet de constater que l'empereur a voulu, par de multiples voies, produire des effets idéologiques destinés à consolider son pouvoir? Tous les gouvernants, depuis l'apparition en Mésopotamie à la fin du IVe millénaire avant Jésus-Christ des premières sociétés socialement et politiquement hiérarchisées, ont eu de tels desseins. Mais ces desseins et ces stratégies ont des contenus et des modes de mise en ouvre qui sont de nature et de qualité historiques différentes selon les époques et les systèmes sociaux et politiques où ils s'inscrivent. Le véritable (et très difficile) problème consiste à tenter de cerner les traits historiques et anthropologiques spécifiques de ces stratégies et, plus fondamentalement encore, à s'efforcer de percevoir et dégager les caractéristiques de visions personnelles du monde qui sont celles de ces personnages dans le contexte de leur temps. On ne saurait ainsi se limiter à des analyses qui s'en tiennent au constat (incontestable) de l'existence de stratégies et de mises en scène dans les textes et les actes de Napoléon. Aucun sujet humain de quelque période que ce soit depuis que s'est affirmée la spécificité de l'humanité comme constituée d'êtres porteurs d'outils, de gestes et actes socialement situés, de symboles et de paroles, ne peut être compris en sa vivante complexité historique, si on l'envisage de manière seulement unilinéaire. Les êtres humains des années 1789 à 1815, vivent, pensent, abordent les réalités historiques de leur temps à partir de concepts, d'élaborations, de visées et stratégies sociales et personnelles où se croisent de manière inépuisable et contradictoire, différents niveaux de conscience et d'inconscience. Le moins que l'on puisse dire c'est que Napoléon Bonaparte est lui aussi porteur, sur un mode spécifiquement personnel de cette réalité: la réalité d'élaborations et de catégories de pensée au mouvement vivant et complexe depuis les années 1780 jusqu'à celles de Sainte-Hélène. L'approche de ces traits spécifiques des catégories de pensée de Napoléon constitue un chantier encore trop délaissé. Quelques ouvrages font, il est vrai, mention de la dimension philosophique du comportement de l'Empereur. Ces études vont cependant rarement au-delà de l'évocation cursive du rationalisme et de l'anticléricalisme de Napoléon. Quelles étaient les carac-téristiques de la vision du monde de l'Empereur sur des questions philosophiques comme celle de la conception de la matière? Celle de la représentation des relations entre matière inorganique et matière vivante? Ou encore sur celle du statut de la pensée et des comportements humains? Ces questions pourtant essentielles pour la connaissance historique de la personnalité de Napoléon Bonaparte n'ont jamais été affrontées en elles mêmes. Elles ont parfois fait l'objet de considérations latérales dans le cadre d'études consacrées à d'autres sujets. Ces approches des attitudes et des catégories de pensée sont par ailleurs encore trop souvent marquées, dans la deuxième moitié du XXe siècle elle même, par des approximations menées sans effort de connaissance précise et minutieuse des textes et (plus encore) des paroles de Napoléon. Elles sont aussi parfois encore étrangement polémiques s'agissant de recherches historiques qui ont pour règle essentielle de comprendre avec rigueur les contradictions spécifiques des réalités et des personnages du passé et non de leur décerner des blâmes ou des éloges. C'est de tels traits que l'on retrouve, par exemple, dans les comparaisons qui ont été faites entre les orientations matérialistes d'idéologues comme Volney ou Cabanis et celles de Napoléon Bonaparte. Les considérations sur les catégories et les concepts théoriques qui ont pu être ceux de l'Empereur comme analyste de l'histoire sociale de l'humanité et de la Révolution française elle-même, sont rares et parfois fort rapides. Elles ne peuvent rendre compte de la complexité et des contradictions qui caractérisent les réflexions développées par Napoléon Bonaparte (notamment à Sainte-Hélène) sur les racines, les enjeux et la portée historique de la Révolution française. Prendre en considération, se confronter véritablement à ce champ de la recherche historique, c'est s'en aller travailler sur un front pionnier où rien n'est aisé. Je voudrais tenter d'apporter sur ce chantier, quelques éléments de contribution à partir des recherches que je mène actuellement. À Sainte-Hélène, l'Empereur dicte puis corrige de sa main de nombreux textes qu'il destine à la publication. Ces textes traitent de sujets variés. Il s'agit cependant pour l'essentiel d'études destinées à présenter de façon raisonnée les analyses de Napoléon sur des questions et moments cruciaux de l'histoire politique, sociale, militaire, religieuse des années 1789 à 1815. Ces textes ont aussi et inséparablement des objectifs idéologiques: faire connaître et faire valoir les arguments et les justifications ainsi que les perspectives politiques de Napoléon. Cela pour le présent (celui ne l'oublions pas, des multiples campagnes de dénigrement de la Révolution et de Napoléon que les forces conservatrices mènent en France et en Europe en ces années de Restauration) et pour l'avenir. En certains de ces textes (telle par exemple l'étude qui porte sur les «Campagnes de Syrie et d'Égypte») la fonction idéologique, sans disparaître, voit passer au premier plan les analyses conceptuelles par lesquelles Napoléon s'efforce de rendre compte des dimensions géographiques, techniques, sociales, militaires, culturelles consti-tutives des processus ethno-historiques et des «révolutions» dans l'histoire des civilisations. Ces textes peuvent être d'apports précieux pour analyser et identifier les traits spécifiques de la vision du monde et des catégories de pensée qui sont celles de Napoléon Bonaparte dans les dernières années de sa vie. Ces apports comportent cependant de très nettes limites, des limites qui sont indissociables de la fonction et des objectifs essentiels que l'exilé se propose d'atteindre par la publication des textes qu'il a dictés. L'étude des paroles des conversations de Sainte-Hélène permet de faire en partie reculer ces limites. C'est ainsi que dans les ouvrages destinés au public l'Empereur réduit ou passe sous silence les hésitations et les réflexions autocritiques qui l'habitent à Sainte-Hélène et qui portent sur certaines de ses décisions et de ses orientations politiques des années du Consulat et de l'Empire. Il en va par exemple ainsi de ses décisions sur la question de Saint Domingue et de ses attitudes envers Toussaint Louverture. Dans ses Notes sur Saint Domingue, Napoléon évoque les alternatives différentes «qui se présentaient à la méditation du Premier Consul». Il finit par justifier le comportement qui fut le sien au début de la décennie 1800. Il en va différement dans les conversations des journées et soirées de Sainte-Hélène: l'Empereur reprend ici ses interrogations et on voit même ces questionnements se transformer en réflexions autocritiques. On retrouve des différences de ce type entre textes publiés et paroles de Sainte-Hélène, sur une question beaucoup plus centrale et cruciale pour Napoléon: celle qui porte sur les Cent Jours et tout particulièrement sur les semaines de juin et juillet 1815. Dans le texte dicté en exil et qui sera publié sous le titre La campagne de 1815, Napoléon dans sa Première Observation présente de manière ramassée et très concise les «fautes que l'on a reprochées à l'Empereur». Il achève cette «observation» en déclarant «qu'il ne fera aucune réflexion sur ces matières qui seront approfondies et longuement traitées dans le livre X». Ce livre n'a jamais été ni publié ni retrouvé. On peut se demander s'il a pu être élaboré, dicté et achevé par Napoléon. Le texte publié ne présente en tout cas qu'une claire mais très brève évocation de ces «fautes». Il est très significatif que les reproches ainsi condensés dans l'ouvrage publié soient ceux là même. que Napoléon se fait oralement si longuement à lui même. Ces thèmes occupent en effet une place importante dans les interrogations et les oscillations si fréquemment prolongées et répétées dans les conversations au long desquelles l'Empereur revient sur les Cent Jours et, plus obsessive-ment encore, sur les «partis à prendre» après Waterloo. Les textes destinés à la publication ne permettent, généralement, ainsi, qu'une connaissance indirecte et limitée des catégories conceptuelles qui ont pu être celles de Napoléon. Ils autorisent par exemple une approche assez précise des réflexions de l'exilé qui ont pour objet de cerner et d'expliciter les raisons profondes de la Révolution française et sa portée dans l'histoire de la civilisation. Les notes sur l'ouvrage de Fleury de Chaboulon Mémoires pour servir à l'histoire de la vie privée, du retour et du règne de Napoléon Ier en 1815 reprennent une partie de la substance théorique des analyses de l'Empereur. Ces notes ne présentent cependant ces analyses que de manière réduite et condensée. Ajoutons enfin que les textes destinés à la publication ne permettent guère de cerner les interrogations et les réflexions méthodologiques ou les considérations conceptuelles qui sont celles de Napoléon en matière de compréhension et d'exposition rationnelle des processus qui caractérisent l'histoire des sociétés humaines. Ici encore, on le verra, l'apport des conversations de l'exil (au travers même des lacunes et des incertitudes qui leur sont propres) est précieux. Cet apport est absolument irremplaçable sur un terrain différent mais essentiel: celui des caractéristiques que présentent les conceptions de Napoléon Bonaparte au niveau ontologique, dans leurs relations avec les courants matérialistes de la fin du XVIIIe siècle. Les textes destinés par l'Empereur à la publication n'avaient en rien pour vocation, (et encore moins pour objectif politique!) de présenter et d'exposer ces interrogations et élaborations philo-sophiques personnelles de Napoléon Bonaparte. Le recours aux conversations de Sainte-Hélène est sur ce terrain indispensable. Les notes prises par Las Cases, Gourgaud, Bertrand sont ici précieuses. Il en va ainsi au travers des limites et des incertitudes que ces notes comportent. Ces limites tiennent aux paroles de l'Empereur lui même: ses réflexions de dimensions philosophiques s'expriment au cours de conversations. Dans le cadre de ce mode d'expression verbal et discontinu, les idées sont formulées par l'emploi de termes parfois approximatifs et par des raisonnements qui recourent à des exemples concrets puisés dans une expérience biographique spécifique. Ce mode d'expression n'a par ailleurs ni la continuité ni la rigueur que l'on peut trouver dans le texte écrit ou même dans la conférence orale d'un philosophe professionnel. Les limites et les lacunes de ces archives orales tiennent enfin aussi à des impressions, des confusions, des maladresses que les différents mémorialistes (selon des modes par ailleurs personnellement diversifiés) n'ont pu éviter dans la réception et la transcription de ces conversations, tout particulièrement pour celles qui avaient des dimensions philosophiques. Ces textes des mémorialistes de Sainte-Hélène ont fait l'objet d'analyses critiques et de travaux souvent utiles. Ces recherches n'en demeurent pas moins de portée limitée et partielle. Les études critiques ont pour l'essentiel pris pour objet les passages qui faisaient référence à la version et aux distorsions apologétiques, que l'Empereur a pu donner des grands événements militaires ou politiques auxquels il avait participé. Ces analyses ne se sont que très faiblement attachées à cerner, à saisir et à situer dans les processus historiques de ce temps les caractéristiques et les contradictions originales des conceptions qui sont celles du prisonnier de Sainte-Hélène au niveau proprement philosophique. Tel celui des rapports de ces conceptions avec les élaborations de la seconde moitié du XVIIIe siècle, notamment avec celles qui ont des orientations matérialistes. Tel aussi celui des traits spécifiques des réflexions par lesquelles Napoléon s'efforce de comprendre l'histoire des sociétés, ou encore, de s'expliquer les raisons de la Révolution française et sa place dans l'histoire de la civilisation. L'écoute attentive, la compréhension critique historique de l'ensemble de ces paroles rapportées par Las Cases, O'Méara, Gourgaud, Montholon, Marchand et (sur un mode de distanciation désintéressée et de précision dans l'enregistrement à nul autre comparable) par Bertrand sont pour l'essentiel encore à faire. L'analyse de ces documents peut pourtant tout à la fois compléter, prolonger et éclairer les données que nous procurent les autres types de sources. Entendons les notes de lecture, les écrits (romanesques, historiques, stratégiques, politiques), la corres-pondance, qui se rattachent aux diverses étapes de la vie de Napoléon Bonaparte, ou encore, on l'a vu, les textes dictés à Sainte-Hélène. Situer ces réflexions dans le cadre historique spécifique des années 1789 à 1821, en cerner la complexité originale permettra peut être de mieux identifier les traits propres et les contradictions spécifiques qui ont caractérisé la personnalité de Napoléon Bonaparte en son temps. Cela en permettant aussi de ne pas confondre cette complexe et contradictoire spécificité avec les multiples réinterprétations et bricolages symboliques qui (avec des contenus idéologiques mouvants et contradictoires) depuis tantôt deux cents ans se sont cristallisés en les privilégiant sur l'un ou l'autre aspect des attitudes et des paroles de Napoléon. L'analyse historique de ces réinterprétations constitue un difficile et passionnant chantier qu'éclaire de manière neuve l'étude de Natalie Petiteau. L'étude que je présente ici s'insère dans une démarche qui se propose d'entendre et d'analyser l'ensemble des paroles de l'exilé, y compris celles qui peuvent paraître marginales, futiles ou secondaires. Elle s'inscrit dans le cadre d'un plus vaste chantier de recherches, celui de l'étude des traits et des racines biographiques des contradictions et des ambivalences de la personnalité historique de Napoléon Bonaparte. Au cours de cette longue confrontation avec les textes et les paroles de l'Empereur, j'ai vu se dessiner, puis se préciser comme lorsqu'en une fouille archéologique réapparaissent les contours propres d'objets enfouis, quelques unes des caractéristiques essentielles des catégories de pensée de Napoléon Bonaparte. La mise au jour de ces traits et de ces contours permet, je crois, de mieux s'arracher des problématiques passe-partout et de mieux cerner la complexité et la spécificité historiques des manières de raisonner et de penser qui sont propres à l'être humain Napoléon Bonaparte dans le cadre des outillages conceptuels et des expériences historiques de son temps. Comment l'Empereur se situe-t-il par rapport à des problèmes philosophiques fondamentaux? Sa vision du monde relève-t-elle d'un rationalisme spriritualiste, déiste? Ou bien d'un rationalisme matérialiste? De quel type de matérialisme s'agit-il alors? Comment en envisager la place par rapport aux diverses élaborations matérialistes de la deuxième moitié du XVIIIe siècle sans leurs rapports avec l'évolution des sciences et de la société? Les chapitres de la première partie du présent livre aborderont ces questions et contribueront à y répondre. Comment Napoléon comprend-il l'histoire des sociétés et tout particulièrement des grandes «révolutions sociales» du passé, telles les «révolutions religieuses» (comme la naissance et la diffusion du Christianisme, comme la «révolution» que constituent aux yeux de Napoléon la formation, le succès et l'expansion de l'Islam, ou encore comme les différentes formes de la Réforme protestante au XVIe siècle) du passé ou, en son temps, la Révolution française? Comment l'exilé, dans les réflexions qui habitent ses textes et ses paroles, rend-il compte des racines et des traits de la Révolution française et de sa place dans l'histoire de la civilisation? Les chapitres de la deuxième partie de ce livre se proposent de revenir sur ces questions. Comment peut-on situer l'impact et l'influence des expériences qui sont celles de Napoléon Bonaparte depuis sa jeunesse jusqu'à 1815 par rapport à l'héritage de la pensée des Lumières? Quelles sont les caractéristiques originales des transformations conceptuelles que Napoléon lui fait subir? Quelles sont les relations qui peuvent exister entre ces transformations et la manière personnellement spécifique dont il a vécu et dont il s'est représenté, les différentes étapes (et notamment celle des années 1793 et 1794) du quart de siècle qui va de 1789 à 1815, ce «quart de siècle équivalent à plusieurs siècles» comme l'écrira Chateaubriand dans les Mémoires d'Outre Tombe? Notre troisième partie montrera que l'écoute critique et historique des paroles des années de Sainte-Hélène peut aussi contribuer à mieux nous faire saisir les traits spécifiques de ces transformations de l'héritage de la pensée des Lumières. Cela notamment à partir de l'analyse des significations complexes du regard que Napoléon Bonaparte porte sur un personnage de la Révolution française aussi central et controversé que Maximilien Robespierre. Avec ces questions nous sommes déjà sur un autre versant des attitudes et des élaborations de Napoléon, un versant que nous fait mieux cerner l'analyse de ses paroles: celui des caractères singuliers de la vision qu'il se fait alors de la place du «roman» de sa vie (comme il le dira un jour) dans l'histoire de son temps. Cela avec les capacités d'audace créatrice mais avec aussi les impasses et les contradictions que manifestent ses regards sur les vingt-cinq années qui vont de 1789 à 1815 ainsi que sur le sens de sa propre action vers la fin de ces années, au printemps 1815. C'est ce chantier immense et peu fréquenté qui sera évoqué dans la quatrième et dernière partie de ce livre.
UN CHANTIER LARGEMENT OUVERT...
Les réflexions qui
s'expriment dans les paroles de Sainte-Hélène n'ont rien de linéaire. On peut
y percevoir la prégnance des outillages de pensée venus des Lumières. On y perçoit
aussi l'originalité de l'appropriation personnelle qu'en a fait Napoléon
Bonaparte des années 1780 à celles de l'enfermement et de l'exil.
1/ La catégorie philosophique de matière occupe ainsi une place centrale dans la vision
du monde de Napoléon Bonaparte. La matière ne se réduit pas pour lui à
l'étendue; dynamisme, processus complexes, inépuisables capacités de
transformations et de passage à des formes qualitativement diverses d'organisation,
sont des propriétés intrinsèques de la matière et de son mouvement. Dans la
perspective philosophique qui est celle du prisonnier de Sainte-Hélène, la matière
vivante et par là les animaux, l'humanité elle-même, proviennent des
transformations de la matière inorganique qui se sont opérées dans le cadre de
conditions physiques et chimiques spécifiques aujourd'hui disparues; chaleur solaire
et fluide électrique y ont eu un rôle essentiel. Les paroles des années 1815 à 1821
montrent que les thèmes et les arguments de Napoléon n'ignorent pas les
prolongements et enrichissements que ce matérialisme a connu depuis la fin du XVIIIe
siècle, notamment avec les recherches, les élaborations et les discussions développées
à l'Institut. L'Empereur reprend à son compte ces thèmes et ces arguments. Il
exprime à sa manière ces perspectives matérialistes qui ont commencé de prendre une
voie transformiste. C'est dans cette perspective que se situent les hypothèses du
déporté de Sainte-Hélène sur la base, les fondements essentiels, de la capacité à
penser des êtres humains. L'Empereur rejette l'explication par une âme
immortelle. L'âme est ainsi inséparable de la pensée; elle a pour l'Empereur
une nature matérielle: c'est un «fluide» que l'on pourra mieux comprendre
lorsqu'aura progressé la connaissance scientifique de l'électricité, du
galvanisme, des phénomènes d'aimantation magnétique.
Le refus rigoureux de toute confusion entre l'essence matérielle de la pensée
(ainsi conçue comme fluide lié à l'action du cerveau) et explication du sens et
des contenus des comportements humains par des processus magnétiques ou biologiques,
constitue l'autre pôle des thèmes qui apparaissent dans les réflexions de
Napoléon Bonaparte. Ces réflexions renvoient à une conviction: celle de
l'incontournable complexité du réel. Une complexité dont se soucient peu ceux qui,
à l'instar de Lavater ou de Gall, prétendent rendre compte des comportements
humains à partir de l'analyse des formes corporelles. Cette complexité est en effet
particulièrement forte et irréductible aux raisonnements simples lorsqu'il
s'agit des comportements humains. Le rejet des thèses religieuses, dans la
perspective qui est celle des années de Sainte-Hélène, va de pair avec la critique des
théories qui prétendent rendre raison en termes biologiques des attitudes humaines qui
renvoient à des réalités d'un autre ordre; l'ordre des «conventions
sociales», celui de l'histoire des mours et des sociétés.
2/ Les caractères originaux des transformations que Napoléon Bonaparte apporte à
l'héritage conceptuel des Lumières se manifestent également sur le terrain de la
vision de l'histoire des sociétés; ou encore dans les efforts de compréhension
raisonnée des causes, des traits, des enjeux et de la portée de la Révolution
française.
Il en va ainsi sur une question essentielle: celle de la mise en lumière du rôle de
l'évolution des outillages, des moyens de travail, des rapports de propriété dans
l'histoire de l'humanité et dans les mutations qualitatives profondes des
sociétés. Le jeune Bonaparte a été lecteur assidu du deuxième discours où, dès
1753, Rousseau suit A. de Jussieu et devance Buffon qui n'évoque les techniques de
l'humanité primitive qu'en 1778 dans Les Époques de la nature. L'auteur
du deuxième discours attribue l'antériorité aux «modifications techniques»,
lesquelles «précèdent et déterminent les transformations sociales». La deuxième
partie du Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité souligne que
c'est dans ces processus que s'enracinent «les révolutions»: entendons des
mutations qualitatives, conflictuelles et profondes qui portent sur les rapports de
propriété, la nature des familles, les manières de sentir et de penser, les
institutions juridiques et politiques.
Les expériences sociales concrètes des années 1770-1780, les constats pratiques, le
développement .de la réflexion économique et politique des agronomes, des
entrepreneurs, des hommes publics vont multiplier les analyses précises sur les obstacles
que constitue le système social et politique de l'Ancien Régime par rapport aux
besoins, aux exigences de réformes fondées sur la liberté et l'égalité des
droits; exigences auxquelles les possibilités existantes de développement agricole et
industriel donnent une consistance et des assises croissantes. La référence à ce
mouvement, conçu comme terreau et comme légitimation concrète des Lumières, occupe une
place centrale dans les pamphlets de Sieyès de la fin de 1788 et du début de 1789.
Oblitérées en partie par l'accélération des débats et des combats idéologiques
et politiques, les références à ce mouvement des réalités continuent à se maintenir
et à s'enrichir. Les réflexions de l'Empereur à Sainte-Hélène
s'inscrivent dans ce cheminement où expériences des réalités et analyses
conceptuelles elles-mêmes diversifiées s'entrelacent en un complexe et mouvant
processus d'intertextualité. C'est ainsi que les aperçus de Napoléon sur
l'enracinement de la Révolution dans le «ferment industriel», sur l'apport
des transformations révolutionnaires à la civilisation, et sur le rôle crucial
qu'y joue «la classe moyenne» (celle des entrepreneurs industriels, des
ingénieurs, administrateurs et des grands commerçants) prolongent ceux de Sieyès et
sont de consistance proche de ceux de Barnave. Ils annoncent ceux de Thiers, de Mignet, de
Guizot. Ils annoncent aussi certaines des réflexions qu'Alexis de Tocqueville
publiera sous le Second Empire. Les réflexions comparatives de Napoléon annoncent
également, à certains égards, le chapitre de L'Ancien Régime et la Révolution
où Tocqueville tente d'éclairer la nature et la portée anthropologique globale des
«révolutions religieuses» par l'expérience de la Révolution française et celles
de la Révolution française par l'examen de la portée et de la vocation universelle
des révolutions religieuses de l'Occident chrétien.
3/ Les réflexions en exil de Napoléon Bonaparte manifestent en même temps ici des
transformations qui prolongent de manières spécifiques et singulières les analyses des
Lumières et les élaborations conceptuelles développées par d'autres personnages
de la Révolution. Ces transformations s'ancrent dans les traits propres des actions
et des réalités auxquelles Napoléon Bonaparte a eu affaire au cours de sa participation
à l'immense et inépuisable expérience des années 1789 à 1815.
C'est ainsi, on l'a vu, que pour le prisonnier de Sainte-Hélène les
révolutions sont des «révolutions sociales» qui s'enracinent dans le
développement de profondes contradictions et de «malaise» devenant explosifs au sein
des nations et des sociétés. Il y a là un axe de réflexion par lequel Napoléon se
différencie profondément des analyses de Buffon et de Diderot chez lesquels cette
acception du concept de révolution paraît absente et n'est en tout cas pas
explicitée. La spécificité des paroles de Sainte-Hélène tient aussi à ce
qu'elles reprennent les raisonnements du deuxième discours de Rousseau (notamment en
ce qui concerne le recours à la notion de «révolution» et au rôle historique donné
à l'évolution des capacités productives) tout en leur apportant de nettes
transformations. Napoléon a été acteur et témoin de la crise d'ensemble de
l'Ancien Régime de la deuxième moitié des années 1780, des processus
révolutionnaires, de leur évolution, des traits et enjeux qu'y ont apporté les
guerres européennes, de la mutation des rapports agraires, sociaux, juridiques,
politiques. Il a été le spectateur et l'agent du rôle élargi joué par les
sciences et les techniques pendant la Révolution ainsi que de la recherche, qui commence
sous l'Empire, de nouvelles voies de développement industriel. La question du
présent et de l'avenir de la production industrielle joue pour le meilleur et pour
le pire un rôle crucial dans les analyses stratégiques et politiques de Napoléon.
4/ La singularité et l'originalité des réflexions de Napoléon Bonaparte dans leur
rapport à l'héritage du XVIIIe siècle se manifestent par ailleurs à partir de
deux ensembles spécifiques de questions.
a/ Le premier ensemble de questions nous renvoie à la conception que le déporté de
Sainte-Hélène se fait des processus par lesquels les êtres humains s'affrontent
aux réalités de l'histoire tout en construisant cette même histoire. Dans ses
méditations, Napoléon Bonaparte s'efforce de cerner et de comprendre les
caractéristiques des interactions qui peuvent exister entre le hasard et les
«circonstances», c'est-à-dire les données historiques de masse propres à une
époque donnée en un pays. Les «circonstances» dessinent un champ de possibilités
historiques circonscrit qui dépasse et surdétermine l'action des individus
singuliers. La réflexion de l'Empereur chemine (on l'a vu dans le chapitre III)
en entrelaçant les observations sur les «révolutions religieuses» du passé et les
observations sur les années 1780 à 1815. Le champ de possibilités et de contraintes
circonscrit par les «circonstances» est à ses yeux inséparable de contradictions entre
forces sociales et politiques, de conflits de portée stratégique dont les cheminements
et les issues sont multiples et ouverts et qui constituent un «théâtre mobile» où
rien n'est joué d'avance. Les contingences biographiques et leurs aléas
multiples, les caracté-ristiques des initiatives et du mode d'intervention des
individus peuvent en effet contribuer à modifier efficacement le cours historique des
choses. Certes pour l'exilé «Les hommes [comme Mahomet, Luther, Henri VIII,
Napoléon] ne font jamais de telles révolutions. Ils ne font que saisir l'instant
où les esprits sont propres à de telles nouveautés». À l'inverse en ce sens,
pour l'Empereur si «un homme n'est toujours qu'un homme», souvent «il
peut beaucoup. C'est souvent un briquet au milieu des matières inflammables».
b/ Comment raisonner et agir sur ce théâtre conflictuel? Les démarches rationnelles de
pensée et d'action impliquent pour Napoléon une étude et une prise en compte
précise et rigoureuse de la nature des forces sociales, politiques et/ou militaires qui
s'affrontent, celle de leurs logiques stratégiques, celle des terrains où elles
s'opposent ou vont être amenées à se combattre. En même temps et par ailleurs,
l'Empereur rejette comme superficielle et illusoire toute démarche déductionniste
et simplificatrice, tout théoricisme spéculatif qui croirait pouvoir déduire la nature
de la démarche stratégique et tactique qu'il convient de suivre de la seule
application de connaissances (cependant nécessaires). La stratégie, l'art de la
guerre ont en effet pour champ un théâtre où les différentes actions sont sans cesse
à la fois causes et effets. Sur cette scène mouvante, il est nécessaire de
s'efforcer de chercher à prévenir les différentes éventualités (y compris celles
qui relèvent de l'imprévisible) auxquelles il faudra faire face avec rapidité,
clarté, simplicité, efficacité dans l'action. Une telle démarche se doit
d'allier analyse rigoureuse et minutieuse (du rapport des forces, du terrain, des
capacités de dispersion et de concentration des troupes) et prévision anticipatrice des
diverses éventualités et aléas dans la modification du rapport des forces dans leur
rapport avec l'ensemble des données sociales, économiques, politiques locales,
nationales, continentales constitutives de la situation historique. La conception de cette
démarche est déjà élaborée dans l'esprit de Napoléon Bonaparte en 1794. Elle se
manifeste avec clarté dans la Note sur la situation politique et militaire de nos armées
de Piémont et d'Espagne qu'il conçoit et rédige pour Augustin Robespierre. Au
fil des expériences sociales, politiques et militaires qu'il va connaître dans les
années ultérieures, Napoléon Bonaparte va approfondir sa méditation sur la manière de
concevoir et d'essayer de maîtriser les rapports entre «circonstances»,
connaissance anticipatrice, hasard et contingences dans la dimension stratégique de
l'action historique.
5/ Les attitudes et les paroles de Napoléon à Sainte-Hélène nous placent devant une
autre réalité qui est elle aussi profondément originale: celle des facettes tout à la
fois inséparables et contra-dictoires qui sont devenues constitutives de son identité
person-nelle comme être humain et comme citoyen. Des capacités d'analyse et des
possibilités d'action et d'initiative hautement singulières s'enracinent
dans le mouvement contradictoire de ces facettes. Mais ce sont aussi des points aveugles
et des impasses qui se rattachent à ce mouvement contradictoire. Les regards que porte le
prisonnier sur l'histoire des années 1789 à 1815 et (plus encore) sur le sens de sa
propre action vers la fin de cette histoire, attestent de la profondeur de ces impasses.
a/ Napoléon Bonaparte développe de multiples élaborations où s'entrelacent effort
conscient d'apologétique, solutions imaginaires et illusoires aux contradictions
qu'il a vécues et qui l'habitent, et pertinente lucidité. Il en va ainsi
lorsque l'Empereur s'efforce d'expliciter les significations que prennent
pour lui le pouvoir consulaire et impérial et son essai de fondation d'une
«quatrième dynastie». Il les comprend tantôt comme une dictature à la romaine
destinée à défendre les «intérêts profonds de la Révolution», tantôt comme une
monarchie du «peuple» fondée sur la souveraineté nationale et ayant un contenu
radicalement opposé à celui de la monarchie des Bourbons, «rois des nobles». Ces
différentes manières de penser et de définir son pouvoir personnel se mêlent dans les
paroles de Sainte-Hélène. Elles prolongent d'ailleurs souvent des réflexions qui
sont bien antérieures à la période de l'exil.
b/ Les années de Sainte-Hélène sont par ailleurs celles de la forte et visible
résurgence dans les paroles de l'Empereur de thèmes et de valeurs
héroïco-civiques républicains depuis longtemps constitutifs de l'identité
complexe et contrastée de Napoléon Bonaparte. Nous avons déjà pu en cerner quelques
aspects essentiels dans le chapitre V. On l'a vu, un homme comme Fain, proche témoin
des traits quotidiens et d'apparence anodine du comportement verbal de
l'Empereur, a observé et souligné avec finesse les constants (et souvent
involontaires) affleurements des référents héroïco-civiques dans les locutions, les
citations, et les fredonnements de Napoléon. Les thèmes et les valeurs
héroïco-civiques ont ainsi un enracinement précoce et ineffaçable. À partir de
Thermidor (et notamment à partir de l'été 1795) le mode de présence de ces
valeurs dans le comportement de Bonaparte va être caractérisé par des attitudes
contradictoires. Refoulement et par ailleurs persistance et résurgence de ces
références vont s'y entrelacer avec des accentuations différentes selon les
moments. Les attitudes de Bonaparte envers la figure de Robespierre attestent de la
réalité de ces processus et de leurs moments de résurgence au grand jour (tel celui
d'Ancône en 1797).
Rien n'est ainsi simple et unilatéral dans ce mouvement de réflexions et de
réélaborations qui se manifeste dans les paroles de Sainte-Hélène. Il serait par
exemple inexact et excessif de dire qu'il y a alors oblitération de la facette
longtemps dominante (et assumée comme telle par l'intéressé) de l'identité
civique personnelle de Napoléon Bonaparte: soit la figure de l'Empereur, celle du
chef d'État qui veut à la fois stabiliser et consolider la Révolution française
et qui ne peut envisager l'organisation et la stabilité de cette politique
qu'avec le concours de la «classe moyenne». Dans le contexte de méditations et de
souffrances des années 1815 à 1821, la figure de l'Empereur ne va ni s'effacer
ni perdre pour Napoléon de sa charge de sens éthique et politique. Les paroles du
prisonnier montrent cependant que cette figure cesse d'être vécue et mise en acte
et en scène comme un pôle majeur qui enveloppe, régit et, en grande partie, refoule en
posture subalterne des thèmes et des valeurs devenues dès la fin de l'adolescence
constitutifs de son identité. C'est en ce sens qu'il y a à Sainte-Hélène un
relatif «affaissement» de l'Empereur. Il y a aussi une résurgence du jeune
officier libre penseur des Lumières, matérialiste, farouchement hostile au système
social et politique du «régime féodal»; cela avec une pleine affirmation de la passion
pour la défense et la consolidation de la civilisation neuve qui sort de la Révolution,
une «passion» (au sens spécifique que Hegel donne à ce terme) essentielle et
personnelle qui donne sens à sa vie d'individu singulier.
Les paroles de Sainte-Hélène sont ainsi porteuses de significations tout à la fois
mêlées, inséparables, différentes et, en partie, contradictoires. Napoléon y souligne
souvent ainsi - on le sait - une réalité essentielle et incontestable, à
savoir le rôle du pouvoir impérial dans la sauvegarde des «intérêts» sociaux
profonds de la Révolution et son refus, de la contre-révolution. Cette (lucide) analyse
est en même temps ici inséparable d'une vision de son pouvoir personnel où, de
manière tout à la fois mouvante et profondément contradictoire, s'articulent des
attitudes diversifiées: la conviction intime et ancienne d'avoir, à partir
d'un moment incarné l'État de la France révolutionnaire; la défense, aux
accents parfois fébriles de l'accentuation autoritaire des certitudes du pouvoir
personnel, l'attachement maintenu à la stratégie dynastique. Enfin et
contradictoirement les résurgences irrépressibles de doutes: les doutes déjà examinés
sur la solidité et la validité de la construction dynastique; les doutes (par rapport au
despotisme) qui s'enracinent dans l'autre dimension de la personnalité de
Bonaparte: celle de l'individu, porteur dans la texture même de son identité
biographique des idéaux du rationalisme critique, de la liberté de penser et des valeurs
héroïco-civiques. Ces doutes sont parfois formulés de manière explicite par le
déporté de Sainte-Hélène. Ils s'expriment aussi de manière latente au travers
des réactions verbales, longues, vives que Napoléon manifeste devant les remarques de
son entourage. On voit ainsi se prolonger, et se renouveler et s'exprimer de manière
plus quotidienne dans les échanges de l'exil, la contradiction qui, entre 1802 et
1813, s'est souvent manifestée par la juxtaposition chez l'Empereur
d'attitudes et de paroles opposées. Une juxtaposition qui donne une allure parfois
violente et d'apparence inexplicablement incohérente à son comportement dans les
débats du Conseil d'État.
Pendant les Cent Jours, l'Empereur se trouve confronté à des alternatives
incontournables et à des choix décisifs. Dans ce contexte d'urgence dramatique, les
oscillations de Napoléon manifestent de manière amplifiée et plus directement
perceptible les potentialités et les limites du système personnel de valeurs et
d'idéaux devenus depuis longtemps constitutifs de son identité personnelle
d'être humain citoyen. Entendons la relation étroite et la réelle contradiction
qui existe chez Napoléon entre la prégnance maintenue vive chez lui de la vision
héroïco-civique (de la patrie, de la Révolution, de l'honneur personnel) et, par
ailleurs, (surtout après Thermidor et l'été 1795, puis, plus encore après la
stabi-lisation consulaire et les années de pouvoir personnel despoti-quement accentué)
le partage de la vision du monde de la bourgeoisie aisée.
L'un de ces aspects est constitué par la vision (qui n'abandonnera
véritablement jamais alors Napoléon) de la possibilité et de la nécessité de
s'appuyer sur les exigences des masses populaires en raison de la force décisive
qu'elles peuvent procurer. Ce pôle a pu être pour l'Empereur une source
d'énergie (psychique et conceptuelle) et d'initiatives politiques peu communes.
Le retour de l'île d'Elbe en est un exemple éclatant. C'est en grande
partie en cette énergie que Napoléon (malgré ses années de despotisme impérial) a pu
trouver ce ressort et cette inventivité d'actes et de pensées, radicalement rares
et singuliers dans l'histoire qui lui ont donné la capacité d'imaginer et de
mener à bien (contre la première Restauration) comme empereur insurgé le retour de
l'île d'Elbe.
En leur autre aspect, ces représentations sont par ailleurs à la racine d'une
contradiction qui, en mai et (plus encore) en juin 1815 s'avère insurmontable. Elle
place Napoléon devant un dilemme insoluble en regard d'exigences qui lui
apparaissent comme de plus en plus nécessaires et comme de plus en plus inconciliables.
L'une de ces exigences essentielles est pour l'Empereur celle de la mise en
ouvre d'une perspective politique et militaire résolue, mobilisatrice,
patriotique destinée à combattre les menaces de contre-révolution, de rétablissement
des Bourbons, d'occupation et de nouvelle humiliation nationale que font peser les
puissances européennes. Aux yeux de Napoléon en 1815, cette démarche de mobilisation
combattive est alors la seule qui (grâce à l'énergie des classes «indigentes et
laborieuses» et à la nette volonté de combat des fédérés, des soldats, des gradés
et des officiers subalternes) puisse créer les conditions d'une lutte efficace de
refoulement de l'ennemi et qui puisse mener vers une issue conforme aux intérêts
sociaux et aux idéaux politiques liés à la Révolution tricolore.
Il s'agit cependant aussi (et nous nous trouvons ici devant une autre exigence tout
à la fois essentielle pour l'Empereur et opposée à la précédente) d'une
démarche que Napoléon au printemps 1815 (et notamment en juin) ne peut véritablement
penser et envisager, si elle doit se réaliser au prix d'une lutte frontale et
brutale contre la Chambre, contre les notables et contre l'ensemble des cadres et des
repères institutionnels et symboliques de direction et d'organisation de la nation.
Au moment où le conflit armé se rapproche, Napoléon ressent encore plus nettement la
réticence croissante de la bourgeoisie des notables et des Chambres. La vive recherche
d'une victoire rapide, décisive, éclatante pourra seule à ses yeux résoudre la
contradiction d'une situation politique où il ne peut ni briser l'opposition de
la bourgeoisie ni ne pas en subir les risques. Une telle victoire pourrait seule
contraindre les puissances européennes à la négociation et empêcher du même coup la
bourgeoisie libérale de jeter le trouble dans l'opinion et la Chambre et de
transformer sa réticence en hostilité ouverte. C'est en ce sens que les
contradictions sociales et politiques qui se développent dans le camp des forces
tricolores vont avoir une influence et des effets surdéterminants sur la marche du
conflit entre la France des Cent Jours et la coalition européenne. Ces effets vont à des
égards décisifs se faire sentir de manières diverses et complexes dans la conduite des
opérations militaires, ainsi que dans l'exécution par les maréchaux et généraux
comme Ney et Grouchy du plan et des ordres de l'Empereur. Ils vont se cristalliser
également dans les choix stratégiques et (plus encore) dans la mise en ouvre de ses
plans de chef de guerre par Napoléon lui même en juin 1815.
Après Waterloo, le contexte des choix que doit faire Napoléon est devenu celui
d'une urgence dramatique. Elle le place devant un dilemme incontournable et de plus
en plus insoluble. De là viennent les affres des insurmontables hésitations de
l'Empereur du 21 au 25 juin 1815 entre les convictions et les esquisses de projets
qui l'habitent après son retour à Paris. D'un côté, Napoléon est habité
par la forte conviction qu'il est urgent, nécessaire, possible de mobiliser les
énergies nationales et de reprendre avec efficacité le combat contre les armées
étrangères (elles même en difficulté) et contre les Bourbons et la contre-révolution.
Cette conviction va aussi de pair (devant l'attitude d'hostilité irréductible
à son égard comme envers toute véritable politique de mobilisation populaire et
patriotique de lutte résolue des dirigeants libéraux et de la majorité du corps
législatif) avec les projets d'exercice de la dictature militaire, nationale et
populaire contre la bourgeoisie de la Chambre afin de reprendre les opérations avec
l'appui des fédérés, des masses populaires de Paris, de l'armée.
À l'autre pôle de cet ensemble complexe de représentations et d'attitudes de
Napoléon, il y a aussi (et contradictoirement) l'impossibilité où il se trouve à
pouvoir regarder en face et à mettre en acte cette perspective de gouvernement
dictatorial, populaire, révolutionnaire national sans la Chambre. Le problème que
représente une telle perspective est pour l'Empereur de nature neuve. Il ne
s'agit pas comme en Fructidor ou (en un contexte en partie différent) comme en
Brumaire de diriger l'État de la France tricolore en exerçant pression et
contrainte sur une partie de la bourgeoisie aisée avec un large soutien de masse et avec
l'accord d'autres composantes et tendances de cette même bourgeoisie. Il ne
s'agit plus, comme en mars 1815 d'avoir l'immense et créative audace de
marcher en empereur insurgé qui veut cristalliser (contre les Bourbons) un vaste
mouvement populaire et militaire avec l'espoir de rallier la «classe moyenne» pour
gouverner avec elle. Dans la deuxième quinzaine de juin 1815, Napoléon se trouve
confronté à la perspective d'avoir à gouverner «par le sang» contre cette
«classe moyenne» sans laquelle il n'est à ses yeux possible de rien «organiser».
En ces jours de juin Napoléon envisage à diverses reprises de s'appuyer sur les
manifestations populaires et sur le soutien des soldats pour balayer l'opposition des
«libéraux» des Chambres et reprendre le combat. Il le dit on l'a vu à B. Constant
avant son abdication. Mais devant le vide de sens et de consistance historiques que
constituent pour lui en ce temps là, pareille perspective de gouvernement «par le sang»
contre la «classe moyenne», l'Empereur hésite et entre en une succession de reculs
qui le mène à la deuxième abdication, puis déjà en fait proscrit, à la côte
atlantique, au navire anglais et à la déportation.
Napoléon revient souvent, au long des conversations de Sainte-Hélène, sur cette
question des «partis à prendre» avant et après Waterloo. Ce sujet on l'a vu, est
l'un des plus fréquents de ceux de l'exil. Il se trouve au centre d'au
moins vingt-six entretiens entre octobre 1815 et avril 1821. Ces propos prennent plus
d'une fois la forme d'un assez long monologue. L'Empereur en revient à des
oscillations incessantes entre des choix et des attitudes entre lesquels il ne parvient
pas à trancher. Ces paroles s'entrelacent (souvent au cours du même entretien),
avec celles où Napoléon Bonaparte ressent le besoin de s'expliquer sur le parti
qu'il a pris en juin 1815. Il revient sur la conviction qui a été alors la sienne
et envers laquelle à Sainte-Hélène il éprouve un attachement qui est tout à la fois
insurmontable et parcouru de doutes inextinguibles. Cette conviction profonde et
tourmentée, est celle de l'impossibilité qu'il y avait à gouverner contre la
Chambre, contre la «classe moyenne».
L'Empereur ressent et perçoit sans pouvoir véritablement y apporter de solution, ce
mouvement d'oscillations qui a commencé au milieu du printemps 1815 instaurant en
lui doute, incertitude et, «comme par une espèce de magie» (pour reprendre les termes
de sa conversation de novembre 1816 avec Las Cases), perte de confiance. Le caractère
tourmentant, répété et infructueux des efforts pour trouver à ses questionnements des
réponses ayant un sens satisfaisant s'exprime également d'une autre manière:
celle de méditations où l'exilé rêve à l'issue que la mort aurait pu
apporter à ces impasses aux versants si contrastés. Oscillations et incertitudes
expriment l'irréductibilité de l'impuissance de Napoléon Bonaparte, une
impuissance qui recommence lorsqu'il tente à nouveau de surmonter de manière
raisonnée, opératoire, satisfaisante, cette contradiction intérieure devenue si aiguë,
depuis juin 1815; la contradiction entre des pôles de valeurs et de représentations dont
la connexion organique et conflictuelle est depuis longtemps constitutive de sa
personnalité. Ces processus gardent une intense et constante prégnance à
Sainte-Hélène. Les paroles et les réflexions de l'exilé, qui se cristallisent sur
la figure de Robespierre, en leurs différents niveaux de sens, apparaissent, on l'a
vu, comme significatives de cette réalité qu'elles permettent de mieux cerner.
Comme chez des milliers de jeunes gens de France des années 1780, la conscience de soi et
la vision du monde de Napoléon Bonaparte verront leurs axes essentiels commencer à se
cristalliser dans les années qui vont de 1786 à 1794. Il y a cependant une réalité
originale et qui instaure une différence entre notre personnage et l'immense
majorité des autres personnalités dirigeantes de la Révolution: vision bourgeoise de la
société et pouvoir personnel vont être jusqu'au bout liés chez Napoléon à
l'idéal héroïco-civique des années 1792 à 1794. La bourgeoisie, prise comme
classe, s'efforce dès Thermidor et dans les années ultérieures, notamment après
1810, d'en finir avec cette forme héroïco-civique de pratique (politique et/ou
guerrière) et de représentation des rapports sociaux qu'elle n'estime plus ni
nécessaire ni bénéfique pour «s'absorber pleinement dans la production de la
richesse et la lutte pacifique de la concurrence» comme cadre plénier et définitif de
la forme bourgeoise, de la vision de l'existence comme individu humain en société.
Sous des formes profondément changeantes (de 1789 à 1815 et 1821) vision
héroïco-civique, vision bourgeoise de l'organisation de la société, et par
ailleurs, conscience de ses pouvoirs et responsabilités personnelles demeurent
contradictoirement liés dans l'esprit de Napoléon Bonaparte. En témoigne, entre
autres, la continuité de ses jugements (tout à la fois critiques et globalement)
favorables sur Marat et, plus encore, sur Robespierre de 1794 à 1821.
Ces traits vont organiquement coexister sous des formes qualitativement très différentes
de 1793 au 18 Brumaire, de 1799 à 1809, puis au long des années de despotisme personnel
accentué de 1809 à 1814 et 1815, et enfin de 1815 à 1821. C'est même tout à la
fois la relation étroite et la réelle différence qu'il y a dans la personnalité
de Napoléon en 1815 entre pouvoir personnel, vision héroïco-civique (de la patrie, de
la Révolution, de l'honneur) et globalité de la vision bourgeoise du monde qui
rendent compte des aptitudes (peu ordinaires) de Napoléon à penser et mener ce retour de
l'île d'Elbe où il est porté par le mouvement paysan, la petite bourgeoisie,
les ouvriers et l'armée (c'est-à-dire «les soldats, sous-officiers [...]
jusqu'aux capitaines», comme il le note lui-même). C'est également
l'étroite et contradictoire connexion entre ces traits qui en même temps
l'amène aussi à ne pouvoir penser (surtout après des années de pratique
impériale) l'organisation de ce mouvement national et révolutionnaire des Cent
Jours que dans les cadres fixés par cette bourgeoisie «libérale» dont il ressent
pourtant les fautes et les limites. De là viennent les affres insurmontables de
l'hésitation après Waterloo; particulièrement en ces jours du 20 au 25 juin 1815
où Napoléon, pressé par des éléments populaires et militaires, face aux périls de la
nation, pense à exercer la dictature armée et révolutionnaire contre la bourgeoisie de
la Chambre..., recule et s'en va à Rochefort, puis sur le Bellérophon. À
Sainte-Hélène, il reviendra souvent on le sait, vers ses affres et ses oscillations de
juin 1815, notamment en rêvant d'une issue que le destin lui a refusé, celle de la
mort dans les combats contre les ennemis de la Nation et de la Révolution.
On ne peut rendre compte de cette réalité, prise en toute son intégralité mouvante et
contradictoire, par de seules études biographiques minutieuses, érudites mais largement
inattentives à la complexité des interactions et des connexions organiques qui ont pu
exister entre la genèse d'un individu concret comme Napoléon Bonaparte et par
ailleurs la crise globale de l'Ancien Régime, les processus révolutionnaires et les
premiers modes victorieux (de type héroïco-civique) d'affirmation pratique et
idéologique en France d'une forme bourgeoise d'individualité sociale. On ne
peut non plus rendre véritablement compte des traits de la personnalité de Napoléon par
la seule mise en corrélation (par ailleurs nécessaire) et la juxtaposition de la
connaissance du mouvement global des rapports sociaux et de l'activité de Bonaparte
comme général, consul, empereur-despote, empereur-insurgé (au retour de l'île
d'Elbe), empereur-déporté (en 1815). S'enfermer dans ces juxtapositions
c'est courir le risque de s'en aller vers des explications (du type Napoléon
est un «tempérament», une «volonté de puissance») relevant des tautologies de la
«caractérologie» qui désignent le problème plus qu'elles ne l'éclairent.
Le recours à la notion «d'ambition» ne peut être lui-même opératoire que si
l'on en détermine les contenus et les caractéristiques historiquement spécifiques
en cernant leurs enracinements dans le mouvement des structures et des contradictions des
rapports sociaux en un pays à un moment donné de l'histoire des sociétés.
C'est à ce prix que la notion d'ambition peut devenir opératoire. Napoléon a
souligné lui même à sa manière en mars 1817 dans une conversation avec O'Méara
la spécificité historique de son ambition: «mon ambition était grande, je
l'avoue; mais elle était d'une nature froide et causée par les événements
ainsi que par l'opinion des grandes masses». Hors de ce complexe et difficile
travail d'analyse historique le recours à la notion «d'ambition» relève du
mode passe-partout et renvoit à la «psychologie des maîtres d'école» fustigée
par Hegel dans son Cours sur l'histoire de 1830.
Comprendre en historien la période qui va de 1770 à 1821, la genèse de ces traits tout
à la fois inséparables et contradictoires de la vision du monde et de la personnalité
d'un sujet humain comme Napoléon nous renvoie vers de difficiles fronts de la
recherche qui dépassent le sujet de cet ouvrage. Il n'est ici possible que de
signaler quelques aspects de ce chantier qui, à la fin du présent livre m'apparaît
comme largement ouvert: entendons celui de la connaissance des modes spécifiquement
personnels au travers desquels le jeune Corse vit et participe au mouvement historique des
idées et aspirations que développe la crise croissante de l'Ancien Régime:
1/ La mise au jour de ces processus appelle par exemple une analyse des relations
complexes qui ont pu exister entre les structures de la société corse en 1770, les
stratégies traditionnelles des lignages de notables, la politique de l'Ancien
Régime, l'évolution des rapports sociaux dans l'île entre 1770 et 1789, et
par ailleurs l'attitude de la famille Bonaparte devant les potentialités neuves mais
d'effets contradictoires qu'ouvre en Corse la politique de la monarchie absolue
de 1769 à 1789. Cela avec ici le rôle complexe de Charles Bonaparte dans ses
convergences et dans ses différences avec ces autres pôles et personnages du «roman
familial» que va vivre en naissant le jeune Napoléon, notamment son oncle
l'archidiacre Lucien et sa mère Laetitia.
2/ Autre champ de problèmes, ceux qui relèvent à la fois de l'histoire sociale et
de l'analyse (historique) biographique: celui de l'élucidation du mouvement
complexe des processus et des conséquences du rude sevrage culturel et affectif infligé
au jeune Corse de neuf ans par son arrivée à Brienne. La connaissance de ce mouvement
appelle un effort d'analyse des effets spécifiques qu'a pu avoir pour
l'enfant son «roman familial» commencé en Corse. Elle appelle aussi un examen de
la transformation qualitative de ces effets et de ces traces à partir des expériences
des réalités sociales, culturelles, idéologiques faites personnellement à Brienne par
le jeune Bonaparte. Expériences qui vont en s'élargissant et en
s'approfondissant sans cesse de 1780 à 1786 car elles portent en elles l'écho
vivant des aspirations à d'autres rapports sociaux qui traversent la France des
années 1780.
Brusquement transplanté en cette école militaire, monastique et nobiliaire de Champagne,
l'enfant doit assumer son nom (Napulioné Buonaparte); c'est-à-dire face aux
autres jeunes (aristocrates) de Brienne, son statut (indissolublement personnel et social)
et son parler corse (province vue, en ce milieu, comme sauvage et fraîchement vaincue),
de boursier plutôt pauvre à la noblesse douteuse ou médiocre. Le jeune garçon, au fil
des mois, des tensions, des crises, des apaisements, va réagir et élaborer, par étapes,
des images de lui même, capables de lui procurer adaptation et résistance dynamiques
valorisantes en ce milieu relationnel, social, culturel où il est désormais plongé.
Il paraît élaborer assez peu ces images de lui même par référence et identification
à son père réel, Charles, qu'il perçoit et percevra principalement (mais non
exclusivement) à travers un légendaire de discours familiaux qui (tout en exaltant son
attitude en 1768 à Corté auprès de Paoli) tendent à le dévaloriser, et qui n'en
devient que doublement lointain, effacé. L'élaboration de ces images de soi se fait
plutôt à travers l'identification à sa mère perçue, à Sainte-Hélène même,
comme une figure faite tout à la fois de tendresse, de rude et masculine sévérité et
de comportement héroïque lors de la terrible année 1769 en Corse. C'est en même
temps et surtout (en raison des insurmontables limites de l'identification à cette
femme qu'était Laetitia) que Napoléon opère ce travail sur les images qu'il
se fait de lui-même à travers l'identification imaginaire à Pascal Paoli. La
figure du général en exil, au fil de processus d'inconscients bricolages va
devenir, comme l'avait perçu Stendhal, miroir-matériau dans la construction
d'une image de soi comme Corse, c'est-à-dire (pour le jeune Napoléon dans le
contexte historique et psychologique spécifique des années 1780-89) comme porteur
d'un idéal hautement valorisant (contre les contraintes affectives et sociales du
présent) d'héroïsme, de liberté et égalité.
C'est au travers de ces processus personnalisés que le jeune élève-officier corse
a en même temps affaire au mouvement des contradictions, des idées, des aspirations que
développe dans les années 1780 la crise sociale, politique, culturelle de l'Ancien
Régime. Il se nourrit de lectures d'histoire romaine, médiévale, contemporaine, de
traités de géographie, d'économie, de mathé-matiques, physique, mécanique, de la
méditation de textes de Buffon, de Raynal, et (notamment) d'ouvres comme celles
de Rousseau, de Montesquieu. Ces lectures confirment et éclairent ses aspirations à
l'héroïsme, à la liberté, à l'égalité. Ces aspirations prennent chez lui
force et significations originales dans la mesure où elles entrent en résonance avec le
processus même (à la fois affectif, social, culturel) de cheminement imaginaire de la
construction de sa propre identité. Il y a sans doute là une différence profonde avec
les jeunes gens de Brienne et de bien d'autres lieux de ces années 1780.
Inversement, l'image de soi-même (perceptible à travers les inflexions même
qu'il donne alors à celle qu'il se fait de Paoli) comme Corse-porteur
d'idéal de liberté, au fil des expériences rudes mais élargies qui sont les
siennes (à la différence de celles d'autres fils de notables de même rang
demeurés pour l'essentiel en Corse, comme Pozzo di Borgo) se charge (longtemps
inconsciemment) de la force, de l'immense ampleur et de l'acuité des
aspirations à la transformation politique des rapports sociaux qui s'approfondissent
dans le royaume de 1785 à 1791. C'est tout cela que portent les représentations
imaginaires que Napoléon se fait de Paoli et de la Corse vers 1786-1789. Ces processus
l'induisent à envisager les réalités de l'île sous un jour en partie
illusoire. Le discours que rédige Bonaparte en 1791 afin de participer au concours de
l'Académie de Lyon atteste de l'entrelacement de ces processus. Ces derniers
attestent en même temps des traits spécifiques et singuliers des raisons et des
cheminements par lesquels vision héroïco-civique révolutionnaire, vision bourgeoise de
la société, affirmation de soi comme centre personnel d'action et de décision vont
se trouver indissolublement liés dans le mouvement même (affectif et cognitif;
imaginaire et idéologique) d'inscription originale de la construction dynamique de
sa propre identité dans le foisonnement de l'idéologie et des attentes de la France
pré-révolutionnaire.
Ces questions et ces hypothèses nous renvoient à un chantier toujours largement ouvert:
celui de la connaissance raisonnée des connexions organiques qui ont pu exister entre la
crise d'un système social, l'instauration révolutionnaire (en un ensemble
ethno-historique concret, le royaume de France et ses régions) d'une forme nouvelle
de société et par ailleurs le mouvement des biographies concrètes. Notamment en ce qui
concerne le cas de Napoléon Bonaparte, cas immense où les problèmes méthodo-logiques
et théoriques se trouvent tout aussi bien portés à une amplitude qui permet de les
mieux envisager que dotés d'une épaisseur de complexité qui y rend les
difficultés inépuisables.
Abraham, 72 n. 167.
Advieille, V., 54 n. 127.
Ajaccio, 61.
Ali (voir Saint Denis), 54 et n. 129.
Albitte, 144, 150 et n. 345.
Alexander, R. S., 116 n. 273, 235 n. 527, 257 n. 572, 259 et n. 574
Alexandre de Macédoine, 310 n. 661.
Alexandre, Tsar, 116, 118 n. 277, 289 n. 653.
Alexandrie, 46 n. 105, 65, 103.
Alpes, 131, 141, 143 n. 325, 208 n. 474, 259, 261 n. 578.
Amalric, P., 28 n. 82.
Amérique, 50, 52, 122 n. 283.
Ancône, 158 et n. 369, 159, 161, 164, 167, 172, 240, 301.
Angleterre (voir Grande-Bretagne), 24 n. 32, 25, 52 n. 117, 53 n. 120, 82 et n. 183, 84,
108, 120 n. 282, 125, 130, 131, 168 n. 381, 203, 223, 224, 228, 232, 238, 283.
Annibal, 57 n. 134.
Appollonius de Thyane, 28.
Aristote, 32 n. 62, 72 n. 167.
Artois, comte d', 238 n. 534.
Asie, 52, 91, 310 n. 661.
Assyrie, 56 n. 134.
Atlantique, 53, 133, 277, 279, 282 n. 632, 305.
Augereau, 248 n. 559, 249.
Auguste, 64, 99, 164.
Austerlitz, 124 n. 293, 236 n. 528, 67.
Auxerre, 32, 45.
Auxonne, 51, 52 n. 117.
Babylone, 289 n. 653.
Bailly, astronome, 37, 44.
Bara, 139, 188.
Barbage, F., 74 n. 172.
Barnave, 7, 110, 198 n. 448, 199, 226.
Barny, R., 7 n. 1, 11 n. 256, 139 n. 319, 167 n. 380, 198 n. 446
.Barras, 155, 187.
Barrow, J., 52 n. 117, 82 n. 183.
Bartel, P., 51 n. 110.
Basire, 182 et n. 414.
Beauce, 100
Beaurharnais, Joséphine de, 34, 207.
Belgique, 189 n. 432, 268 n. 595.
Benoît, J., 53 n. 121-123, 54 n. 126 et 129.
Berlin, 63, 66 n. 150, 239 n. 536.
Bernadotte, 153 n. 355.
Bernard, J., 36 n. 75, 38 n. 79, 55 n. 130.
Berthollet, 30.
Beugnot, 290 n. 654.
Biget, M., 307 n. 658.
Billaud de Varenne, 183, 184 n. 422, 185, 186.
Binoche, B., 56 n. 130.
Blache, F., 259 n. 574.
Blay, M., 38 n. 82.
Blondeau-Coulet, O., 92 n. 217.
Bluche, F., 259 n. 574, 261 n. 578, 262 n. 580.
Blücher, 272 et n. 604, 271, 274.
Boiteux, M., 38 n. 82.
Bonaparte, archidiacre Lucien, 311.
Bonaparte, Charles, 311 et n. 664, 312.
Bonaparte, Jérôme, 118, 214 n. 491.
Bonaparte, Joseph, 84, 96, 153, 154 et n. 358, 155 n. 361, 170 et n. 386, 225 et n. 499,
274 n. 609.
Bonaparte, Laetitia, 310 n. 664, 312.
Bonaparte, Louis, 96.
Bonaparte, Lucien, 28, 116 n. 273, 144 n. 329, 236, 276 n. 613, 311 n. 664.
Bonaparte, Marie, 243 et n. 545
.Bonnet, 31 n. 58.
Bordeaux, 178
Bordelais, 261 n. 578.
Bordereau, P., 158 n. 369.
Bouches du Rhône, 290 n. 654.
Boudon, J., 135 n. 317.
Bougainville, 51, 200 n. 455.
Bouineau, J., 164 n. 377.
Bourbons, 10 n. 7, 12 n. 9, 120, 125 n. 294, 134 et n. 316, 140, 159, 168 n. 381, 170,
175, 189, 192 n. 439, 221, 227 et n. 506, 237, 238 n. 534, 239, 256 n. 569, 260 n. 576,
261, 269, 270, 275, 276, 279, 280, 286, 300, 303, 305.
Bourdin, J.-C., 30 n. 56.
Bourgogne, 258.
Bourrienne, 50, 53 n. 122.
Boys, A., 240.
Brie, 100.
Brienne , 27, 50, 61, 94, 207 n. 472, 311, 312, 313.
Broca, 69.
Brunel, F., 307 n. 658.
Brutus, 288.
Bruxelles, 268 n. 595.
Buffon, 29, 30 et n. 55, 31 n. 58, 32, 36 n. 73, 40, 43, 44 n. et 98, 58, 73 n. 168, 74,
77 n. 179, 101, 195, 196 n. 441, 200 n. 454, 295, 296, 313.
Cabanis, 11 n. 8, 31 n. 58, 38 n. 86, 196 n. 441.
Caen, 178.
Cagliostro, 31 n. 57, 42, 43, 45 et n. 102.
Caire, 65, 76, 93, 107, 114 n. 266.
Caligula, 64, 99.
Cambrai, 121 n. 282.
Campo Formio, 245.
Cannes, 228 n. 510, 264, 265, 288 n. 649.
Capet, Hugues, 131, 226 n. 504.
Carnot, 142, 144 n. 331, 148 et n. 339, 150 n. 345, 160 n. 373, 237, 260, 271 et n. 602,
280, 281 n. 627, 283 n. 635.
Carra, J.-L., 37 et n. 76.
Carrier, 183 et n. 420.
Carrington, D., 311 n. 664.
Carthage, 57 n. 134.
Casanova, A., 61 n. 142, 94 n. 223, 122 n. 282, 126 n. 298, 207 n. 472, 233 n. 524, 259 n.
574, 311 n. 662.
Castlereagh, Lord, 131.
Castre de Vaux, 50 et n. 108.
Catherine, impératrice, 231.
Catilina, 288.
Caton, 28, 287.
Caulaincourt, 118 n. 277, 174, 175, 201 et n. 457, 239 n. 538, 289 n. 652.
César, 28, 64, 211 n. 480, 240, 289.
Chabot, 182 et n. 414
.Changeux, J.-P., 68 n. 156, 69 et n. 157, 70 n. 158.
Chaptal, 87 n. 201, 101 et n. 233, 114, 115 n. 267-268, 201.
Charentes, 261 n. 578.
Charles Quint, 107, 108.
Chateaubriand, 18, 66, 200 et n. 453, 289 n. 653.
Chaumette, 181 et n. 411, 182 et n. 414.
Chaumont, 131.
Chauvet, 35 et n. 71, 158 n. 368.
Chine, 63.
Chobrâkhyt, 65.
Chouchan, N., 74 n. 172.
Clary, Désirée, 153, 152 n. 355, 154.
Clausewitz, Carl von, 160 n. 373, 215 n. 491, 271 et n. 604-605, 272.
Clisson, 154.
Clovis, 129, 247 n. 557.
Colin, J., 141 n. 321, 143 n. 326, 144 n. 331, 145 n. 333, 148 n. 334-336, 150 n. 343 et
345, 151 n. 348, 152 n. 349, 171 n. 387, 198 n. 448, 208 n. 474, 213 n. 487.
Colin, A., 29 n. 51.
Collot d'Herbois, 184 et n. 422, 185, 186.
Collot, J.-P., 158 n. 368.
Condé, 127, 214.
Constant, Benjamin, 116 n. 269, 121, 229 n. 510, 236 n. 528, 262 n. 579, 263 et n. 583,
265 n. 585, 267 et n. 592, 270, 275, 305.
Constant, secrétaire, 240 n. 539.
Constantinople, 63.
Cordoue, 93.
Corneille, 240.
Corse, 26, 28, 50, 51 et n. 113, 61, 94, 95, 141, 173 n. 389, 207 n. 472, 224 n. 495, 228
n. 511, 261 n. 578, 286 n. 643, 311, 312, 313, 314.
Coston, 151 n. 346.
Cottret, B., 84 n. 190.
Crassus, 86.
Crevier, 287 n. 645.
Cromwell, 224.
Dagelet, 51.
Danton, 180, 182 et n. 414, 184 et n. 422, 185, 186, 188 n. 432, 193.
Dauphiné, 261 n. 578.
Davout, 260, 277.
Delmas, J., 159 n. 271, 215 n. 491, 268 n. 593.
Des Mazis, A. , 28, 50, 51 et n. 413.
Desmoulins, 184 n. 414, 184 n. 422.
Destutt de Tracy, 84.
Diderot, 30 n. 56, 31 n. 58, 33 n. 64, 59, 74 et n. 172, 200 n. 455; 297.
Dillon, 182 n. 414.
Dordogne, 261 n. 578.
Drouet d'Erlon, 270 n. 600.
Drouin, J.-M., 75 n. 174.
Duchet, M., 200 n. 454-455.
Ducoudray, 248.
Dunan, M., 17 n. 25, 243 n. 543 et 547, 251.
Duphot, 247.
Dupont-Sommer, A., 104 n. 239.
Dvina, 118.
Égypte, 11, 52 n. 120, 53, 56, 57 et n. 134, 62, 63, 76, 84, 85 n. 192, 90, 91, 92 et n.
217, 93, 96, 99, 100, 103, 105, 114 n. 266, 160, 168, 170, 171, 172, 222, 228 n. 511.
Ehrard, J., 29 n. 51, 30 n. 55, 31 n. 58, 32 n. 61.
Elbe, île d', 54, 59, 107, 109, 112 n. 258, 126, 127, 128 n. 302, 177, 205, 234,
235, 244, 255, 259, 268, 279, 280, 283, 290, 303, 308.
Ellenberger H. E., 37 n. 77, 39 n. 84.
Encyclopédie, 28.
Enghien, duc d', 12 n. 9, 174, 281 n. 628.
Eslon, docteur, 37 et n. 78, 44 n. 99.
Espagne, 108, 125 et n. 294, 141, 142, 143 n. 325, 146, 148 n. 334, 203, 212.
Etats-Unis, 37, 283.
Eugène, prince, 117, 214.
Eure, 260.
Europe, 112 n. 258, 169 n. 383, 198 n. 447, 223 n. 494, 225 n. 501, 244 n. 548, 246 n.
553, 274 n. 609.
Fabre d'Églantine, 182.
Fain, 33 et n. 66, 152 et n. 350, 156 n. 364, 240 et n. 539, 241, 242 et n. 541, 300.
Faubourg Saint-Antoine, 260 n. 576.
Faubourg Saint-Marceau, 260 n. 576.
Flavius Josèphe, 29, 83 et n. 187, 91, 104.
Fleuriot de Langle, P., 17 n. 25, 27 n. 43.
Fleurus, 272.
Fleury de Chaboulon, 14, 112 n. 258.
Fontainebleau, 54 n. 126 et 128, 107, 119 n. 277, 288.
Fouché, 187, 266, 273 n. 606, 274 n. 609, 275 n. 611, 276 n. 612, 277, 280, 281 et n.
629.
Fox, 131.
François Ier, 107, 108.
Franklin, B., 37.
Frédéric, 231.
Fréron, 139, 186.
Freud, S., 311 n. 663.
Gall, 31 n. 57, 41, 44, 45 et n. 102, 47, 68 et n. 156, 69 et n. 157, 70, 71, 73, 295.
Ganière, P., 17 n. 23.
Gaulmier, J., 10 n. 7, 85 n. 194-195.
Gengis Khan, 262.
Geoffroy Saint-Hilaire, E., 76 et n. 177.
Gérard, général, 272.
Gilli, M., 202 n. 461.
Girod de l'Ain, 153 n. 355.
Gonnard, Ph., 16 n. 20, 86 n. 200.
Gourdon, J.-L., 228 n. 511.
Grande-Bretagne (voir Angleterre), 231.
Grèce, 64, 103, 289 n. 653, 310 n. 661.
Grell, C., 52 n. 116.
Groethuysen, B., 55 n. 130.
Grou, abbé, 46 n. 103.
Grouchy, 267, 270 n. 601, 271 et n. 604, 272 et n. 605, 304.
Guedj, A., 307 n. 658.
Guibert-Sledzewski, E., 307 n. 658.
Guibet, J. de, 212 n. 484-485, 307 n. 658.
Guillotin, 37.
Guizot, F., 123 n. 286, 195, 296.
Hahn, R., 36 n. 75.
Hamon, L., 259 n. 574.
Haute Garonne, 260.
Healey, F. G., 59 n. 139.
Hébert, 181 et n. 411, 182 et n. 414, 193.
Hecaen, H., 68 n. 156.
Hegel, G. W. F., 167 n. 380, 250 et n. 562, 301, 310 et n. 661.
Heliogabale, 64.
Henri IV, 214.
Henri VIII, 107, 108, 211 et n. 481, 291.
Henriot, 144 n. 329, 181 n. 411, 209.
Hérault de Séchelles, 184 n. 422.
Hérodote, 33 n. 64.
Hoche, 148, 153 n. 357, 170.
Houssaye, H., 235 n. 527, 236 n. 529, 259 n. 574, 262 n. 581-582, 236 n. 583, 268 n.
593-594, 269 n. 596, 270 n. 600-601, 271 n. 602, 273 n. 608, 275 n. 611, 276 n. 612-613,
277 n. 615.
Hugo, V., 177.
Inde, 91, 171.
Jésuites, 21, 121 n. 282.
Jésus-Christ, 9, 25 n. 34, 26, 27 n. 40, 28, 29, 46 n. 105, 62, 64, 82, 83 et n. 187, 84
et n. 190, 85 n. 191, 103, 104 et n. 239, 106 n. 243, 107, 210.
Jones, P. J., 241 n. 539.
Jouary, J.-P., 31 n. 58.
Joubert, 224.
Jourdan, A., 8 n. 3, 16 n. 22, 54 n. 129, 86 n. 197.
Jullien, M. A., 166 et n. 378, 173.
Jung, Th., 28 n. 45, 116 n. 273.
Junot, 151, 148 n. 334, 156.
Jura, 259.
Jussieu, A. de, 197, 295.
Kahane, E., 33 n. 65.
Kellermann, 160 n. 373.
Kléber, 170.
Kremlin, 288, 289.
La Harpe, 40 n. 88.
La Mettrie, 30.
Lacaze, L. de, 38.
Lacretelle, C. de, 40 n. 88, 89.
Lacroix, général, 13 n.11.
Lafayette, 190, 266, 273 n. 606, 274 n. 609, 275 n. 611280, 281 et n. 629.
Lagrange, 76, 214.
Laissus, Y., 85 n. 192.
Lambert, 122 n. 283, 158 n. 368.
Languedoc, 261 n. 578.
Lanjuinais, 266, 274 n. 609, 275 n. 611, 281.
Lanteri-Laura, G., 68 n. 156.
Lapérouse, 51.
Laplace, 30, 214.
Laplanche, J., 311 n. 663.
Laporte, 145, 150 et n. 345.
Lauderdale, Lord, 131.
Lavalette, 274 n. 609, 275.
Lavater, 31 n. 57, 45 et n. 102, 47, 295.
Lavoisier, 37.
Le Gallo, E., 158, 264 n. 584.
Lefebvre, G., 143 n. 327, 151 n. 348, 152 n. 352, 301 n. 657, 309 n. 659.
Legendre, 186.
Lemaire, J.-P., 36 n. 75, 38 n. 79.
Lenormand, Mlle, 26, 42.
Lepers, Y., 68 n. 156.
Leroi-Gourhan, A., 70 n. 158.
Lesouef, P., 159 n. 371, 215 n. 491, 268 n. 593.
Leuilliot, P., 259 n. 574.
Leuwenhoeck, 32 n. 62.
Levêque, P., 259 n. 574.
Lévi-Strauss, C., 18 n. 27.
Ligny, 262, 270 et n. 600, 271, 272.
Lille, 278, 256 n. 571.
Lille, comte de, 130.
Linné, 75.
Locré, baron, 66 n. 150, 67.
Lodi, 159.
Londres, 38, 54 et n. 127, 63, 96 n. 227, 229 et n. 574, 280 n. 625.
Loth, 73.
Louis XV, 132.
Louis XVI, 175, 180 n. 406, 191 et n. 437, 227 n. 506, 278.
Louis XVII, 130.
Louis XVIII, 128, 130, 135 n. 317, 238 n. 534, 290 n. 654.
Luther, 107, 108, 211 et n. 481, 298.
Luzzato, S., 176 n. 392.
Lyon, 173 n. 389, 178, 226, 238 n. 534, 259, 261 n. 578, 314.
Machiavel, 57 et n. 135, 59.
Mahomet, 26, 46 n. 105, 64, 84, 85 et n. 191, 92, 93 n. 222, 106 n. 243, 107 n. 248, 211
n. 481.
Malmaison, 53 et n. 121-123, 237 n. 529, 275, 276 et n. 612, 282 n. 632.
Malouet, 131.
Malte, 131.
Manfred, A., 156 n. 365, 160 n. 373.
Marat, 37, 38 et n. 82, 39 n. 84, 40 et n. 88, 180, 188 n. 432, 308.
Marengo, 125 n. 293, 222, 236 n. 528, 267, 287 n. 644.
Margerit, R., 268 n. 593.
Marie-Louise, 8 n. 5.
Marigny, abbé de, 52 n. 118.
Marmont, 156 et n. 363, 157, 161, 163, 215 n. 491.
Marmontel, 50 n. 107, 52 n. 119.
Marseille, 149 et n. 339, 178.
Martin, X., 11 n. 8.
Marx, K., 307 n. 658.
Mascagni, professeur, 70.
Masséna, 148, 224, 249.
Massin, J., 66 n. 150, 159 n. 371, 268 n. 593.
Masson, F., 29 n. 48, 31 n. 58, 33 n. 62 et 65, 39 n. 86, 46 n. 103, 51 et n. 113, 82 n.
181-184, 90 n. 211-213, 151 n. 347, 212 n. 485, 286 n. 643.
Maupertuis, 30 et n. 55.
Méditerranée, 50, 58, 77, 92, 95.
Ménard, général, 212 n. 484.
Méneval, 240 n. 539.
Menozzi, D., 84 n. 190.
Menshing, G., 33 n. 63.
Mésopotamie, 9.
Messmer F. A., 37 et n. 77, 38, 41, 43, 44 et n. 99, 45 et n. 102.
Metz, 256 n. 571, 278.
Meunier, 149 n. 339.
Mignet, 199, 296.
Miot de Melito, 168 n. 381, 225 n. 500-501.
Missa, N., 29 n. 51.
Molé, Mathieu, 133 et n. 312.
Molella, A., 33 n. 76, 38 n. 82.
Monchenu, marquis de, 238 et n. 534.
Monck, 168 n. 381.
Monge, 51, 75, 76.
Montesquieu, 51, 55 et n. 130, 56 et n. 131, 57, 58, 59, 62, 67, 72 n. 167, 90, 142, 313.
Montpellier, 29, 30 n. 56, 31 n. 58, 38, 39, 74, 178.
Moreau, 170, 224.
Moreau, P.-F., 84 n. 189.
Moscou, 118 et n. 277, 119, 166 n. 378, 175, 288, 290, 291.
Mouravit, G., 53 n. 121.
Moyen Orient, 91.
Muiron, J.-B., 228 n. 511.
Nelson, 96.
Néron, 87.
Newton, 37, 38 n. 82, 73, 75, 76, 77.
Ney, 267, 269 n. 597, 270 n. 600, 304.
Nice, 141, 155 n. 360, 158 n. 368, 209 n. 476.
Nièvre, 260.Nil, 33 n. 64, 100.
Ornano Vanina d', 28.
Palestine, 104, 210.
Paoli, Pascal, 50, 51 n. 113, 148, 312, 313 et n. 666, 314.
Paris, 11 n. 9, 39, 50, 54, 59 n. 140, 61, 63, 94, 118, 121, 126, 128, 131, 144 et n.
329-330, 147, 152 et n. 349, 153, 155 et n. 361, 158, 160 n. 373, 162, 170, 178, 179, 180,
181, 184, 185, 190 n. 433, 193, 205, 207 n. 472, 208 n. 473, 209, 224, 236, 241, 257 et n.
572, 260 n. 576, 265, 268, 271, 272 et n. 604, 273, 274 et n. 609, 275 n. 611, 276, 277 et
n. 615, 279, 281 n. 629, 282 n. 632, 285 n. 641, 287 n. 644, 304.
Parthes, 86.
Paul, A., 83 n. 187.
Pelletier, A., 83 n. 187.
Petiteau, N., 18 n. 28, 68 n. 154, 229 n. 517.
Platon, 46 et n. 104-105, 72 n. 167, 103.
Poirier, J.-P., 36 n. 75.
Portalis, 66 et n. 151, 67.
Pozzo di Borgo, 313.
Proust, J., 200 n. 455.
Ptolémée, 100.
Puységur, marquis de, 37, 41, 43.
Pyramides, 65.
Rabaut Saint Étienne, 89.
Raskolnikoff, M., 52 n. 116, 85 n. 192-193 et 196, 86 n. 197-199.
Raynal, abbé, 27, 52 n. 119, 59, 82, 243, 313.
Redondi, P., 29 n. 52, 32 n. 61, 39 n. 85, 74 n. 171, 201 n. 456.
Regnault, 236.
Rémusat madame de, 11 n. 9, 23 et n. 30, 31, 46 n. 104, 87 n. 202, 92 et n. 216, 120 et
n. 281, 125 n. 294, 133 n.311, 147, 170 n. 386, 172, 174 et n. 390, 203 n. 462, 208 et n.
473, 213, 214 et n. 488, 225 n. 499, 226 et n. 502, 289 n. 651.
Renan, 104 n. 239.
République Cisalpine, 58.
Revault d'Allonnes, M., 307 n. 658.
Ribiero, R. J., 7 n. 1, 111 n. 256.
Ricord, 144 n. 330-331, 145, 150 n. 343, 209 et n. 476.
Robeck, 226 n. 643.
Robespierre, 7 et n. 1, 20, 111, 126 et n. 298, 137, 138, 139, 140, 141, 142, 144 et n.
329-331, 146, 148 n. 336-337149, 150 et n. 343-345, 151, 152, 156, 157, 158, 160, 162,
163, 164, 165, 166, 168, 172, 173, 174, 176, 177 et n. 397, 178, 180, 181 et n.411, 182,
183 et n. 417, 184 et n. 422, 185, 186, 187, 188 et n.431-432, 189, 190, 191, 192, 193,
208, 209, 219, 224 et n.495, 229 n. 516, 241, 258 n. 573, 264 n. 584, 285, 300, 307, 309.
Robespierre, Augustin, 141, 144, 146, 148, 149, 174, 208 et n. 474, 209, 213, 243, 299.
Robespierre, Charlotte, 148 n. 337.
Robinet, 31 n. 58.
Rocher, J.-P., 259 n. 574.
Roederer, 96 n. 252, 115 n. 267.
Roger, J ., 29 n. 51, 30 n. 55-56, 31 n. 58, 34 n. 65, 36 n. 73-75, 38 n. 80, 39 et n. 87,
43 n. 97, 44 n. 98, 139 n. 319, 167 n. 380, 290 n. 654.
Rollin, Ch., 52 n. 116, 57 n. 134.
Rome, 8, 25 et n. 33, 27 n. 40, 52 n. 116, 63, 107, 108, 160 n. 373, 222, 223.
Rosebery, Lord, 8 n. 2, 16 n. 20, 27 n. 42.
Rouen, 39, 256 n. 571, 278.
Rousseau, J.-J., 51, 55, 56, 57 et n. 132-133, 59 n. 139-140, 61, 90 n. 212, 96, 139 n.
319, 167 n. 380, 195, 196 et n. 440-441, 197 et n. 442-444, 200 et n. 455, 202, 286 n.
643, 295, 297, 313.
Roussillon, 261 n. 578.
Saint Denis (dit Ali), 54 et n. 129.
Saint Domingue, 13, 125, 126 n. 295.
Saint-Glain, A. de, 84 n. 189.
Saint-Just, 7, 111, 176.
Saint-Pétersbourg, 63, 119 n. 277, 231.
Saliceti, 145, 150 et n. 345.
Sampiero Corso, 28.
Sanvitale, F., 8 n. 5.
Sara, 72 n. 167.
Saum M. S., 7 n. 1, 111 n. 256.
Scaliger, 83 n. 187.
Schieder, W., 202 n. 461.
Seine, 134 n. 314.
Seine Inférieure, 260.
Sève, L., 70 n. 158.
Sfez, L., 66 n. 150, 253 n. 567.
Soboul A., 7 n. 1, 16 n. 20, 17 n. 26, 86 n. 200, 111 n. 256, 181 n. 410-411, 182 et n.
415, 187 et n. 429, 199 n. 449, 202 n. 460, 233 n. 524-525, 257.
Staël, Auguste de, 203.
Staël, Germaine de, 203.
Starobinski, J., 196 n. 440, 197 et n. 442.
Stendhal, 168, 313 et n. 665.
Strasbourg, 256 n. 571, 278.
Sucy de Clisson, 154 et n. 360
.Suède, 153 n. 355.
Syrie, 13, 27 n. 40, 46 n. 105, 58, 104.
Szylman, L., 33 n. 65.
Tacite, 87 et n. 201.
Talleyrand, 58, 169, 173 n. 389.
Tallien, 139, 186, 187.
Tarrare, 227, 229, 238 n. 534.
Theeven, E. M., 66 n. 150.
Thibaudeau, 66 n. 150.
Thiers, 199, 296.
Thuillier, P., 38 et n. 82.
Tibère, 64, 99.
Tilly, 151 n. 346.
Tocqueville, A. de, 122 et n. 283, 195, 199 et n. 450, 296.
Tomiche, N., 155 n. 360.
Toscane, 245.
Toussaint Louverture, 13 et n. 13, 125.
Trianon, 53 et n. 123.
Tuileries, 53 et n. 123, 109, 205, 228 n. 510, 236.Tulard, J., 11 n. 9, 16 n. 20, 17 n.
23, 112 n. 257, 155 n. 360, 161 n. 375, 234 n. 525, 259 n. 574.
Turenne, 214.
Varsovie, 289 et n. 652.
Vatican, 8.
Vendée, 127, 152 et n. 349, 155 n. 360, 275, 284 n. 640.
Vergniaud, 180 n. 406.
Véron-Denise, D., 54 n. 126.
Versailles, 231.
Versini, X., 311 n. 664.
Viala, 139, 188.
Vienne, 231, 235, 236, 246 n. 553, 270 n. 600.
Vierge, 26.
Vincent, baron de, 127 et n. 300, 182.
Volney, 10 n. 7, 53 n. 120, 85 n. 194.
Voltaire, 40 n. 88, 57 n. 133-136, 59, 61, 92, 93 n. 222, 106 et n. 243, 240, 286 n. 643.
Vuillemot, D., 57 n. 132, 61 n. 142, 122 n. 282.
Washington, 36 n. 75.
Waterloo, 190 n. 433, 260 n. 576, 262 n. 582, 265, 267, 268 n. 593-594, 271 et n. 603, 273
n. 606, 274 et n. 609, 275, 276, 280 et n. 625, 282, 283, 284, 288, 289, 290, 291, 304,
306, 308.
Wellington, 271, 274.
Woronoff, D., 201 n. 456.
Wurmser, 87.
Wurtemberg, 269.