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François-Olivier
TOUATI format 14x22 cm, 304 pages,
ISBN 978-2-910828-39-4, 25 euros |
«J'ai,
en Grande-Bretagne, de chers amis» écrit Marc Bloch au lendemain
de «l'étrange défaite» de 1940 : cet aveu récapitule
toute une vie (1886-1944), celle d'un historien majeur du XXe siècle
dont l'ouvre a profondément contribué à façonner
les contours actuels de la discipline historique, des Rois thaumaturges
à la Société féodale en passant par Les
Caractères originaux de l'histoire rurale française et la
fondation des Annales.
Or, si l'on s'est plu à reconnaître
l'apport de l'École historique allemande dans cette révolution
historiographique, les échanges instaurés avec l'Angleterre avant
même la signature de l'Entente cordiale en 1904, et la fascination que
ses économistes, juristes, ethnologues ou sociologues exercent à
côté des historiens se révèlent tout aussi déterminants
que le «modèle» britannique lui-même.
L'attraction
qu'en subit Marc Bloch, ses contacts et ses séjours répétés,
à Londres, Cambridge ou Oxford, cadre d'une rencontre surréaliste
avec Ernst Kantorowicz, auprès d'esprits aussi pionniers que celui d'Eileen
Power, à l'avant-garde de l'histoire des femmes, de l'histoire économique,
ou des mentalités, forment une constante. Intellectuelle, mais aussi
existentielle jusqu'à l'engagement ultime face au nazisme. Histoire totale
à laquelle n'échappent ni les corps ni les âmes.
Le parcours
retracé ici se propose dans toute son épaisseur, d'en relire l'un
des fondements, passé inaperçu.
Ancien pensionnaire de la Fondation Thiers, François-Olivier Touati est professeur à l'Université de Tours. Après avoir consacré une part importante de ses travaux à l'impact des pathologies sur les sociétés médiévales (Archives de la lèpre. Atlas des léproseries entre Loire et Marne au Moyen Âge, Paris, CTHS, 1996 et Maladie et société au Moyen Âge, Bruxelles, De Boeck, 1998), ses recherches portent actuellement sur l'histoire de la Terre sainte et les échanges entre l'Orient et l'Occident. Spécialiste d'histoire hospitalière (Saint-Lazare de Jérusalem aux XIIe et XIIIe siècles, Paris I, 2001), il a également dirigé la revue Sources. Travaux historiques et l'édition du Vocabulaire historique du Moyen Âge, Paris, Boutique de l'Histoire, 1994-2002.
En Grande-Bretagne : de chers amis
« J'ai, en Grande-Bretagne, de chers amis. Ils m'ont facilité l'accès de leur civilisation, qui me fut hospitalière et pour laquelle j'éprouve, de longue date, un goût très vif. Ils sont, aujourd'hui plus que jamais proches de mon cour, depuis que je les vois, avec leurs compatriotes, seuls à défendre, au péril de leur vie, la cause pour laquelle j'aurais volontiers accepté de mourir. [.]
Il n'est pas, sur le plan de l'action, de liens efficaces sans un peu de camaraderie, point de camaraderie sans un peu de vie commune. Cela est vrai sans doute de tous les hommes. Cela l'est au plus haut degré des Britanniques. ».
Marc Bloch,
L'Étrange défaite (juillet-août 1940)
L'expression
des sentiments est rare chez un homme de cette génération et de ce milieu.
D'autant plus rare que l'aveu de Marc Bloch, à la différence de sa
correspondance ou de ses notes personnelles, est conçu pour être diffusé
« tôt ou tard », au-delà de l'incertitude du moment. D'autant plus
rare, malgré le choc immédiat du désastre, que sa confession entend dépasser la
simple évocation des souvenirs. D'autant plus insigne qu'elle affiche une
position singulièrement risquée face au tragique et apparent échec de
l'Entente cordiale : au lendemain de la destruction de la flotte française
par la Royal Navy à Mers el-Kébir (le 3 juillet 1940), son attachement irréductible à l'Angleterre.
L'émotion à peine contenue, aussi lourde que
fugace, volontairement éludée, entrecroise les temps : allusion
récapitulative d'une vie, elle livre une clé essentielle de ses choix jusqu'aux
engagements ultimes, ici déjà inscrits.
Les
perspectives embrassées par le regard de l'historien en sont-elles
dissociables ? « N'y-a-t-il pas dans les choix intellectuels de Marc
Bloch, dans son éthique de savant, dans le rôle qu'il attribuait à la science,
et en particulier aux sciences sociales, quelque chose non pas qui annonce,
mais qui rejoint, qui éclaire l'engagement qui fut le sien jusqu'au sacrifice
de sa vie ? » s'interrogeait récemment André Burguière.
Né en 1886, issu du sérail, fils d'historien, normalien en 1904, Marc
Bloch est historien au milieu d'autres historiens.
Implacablement brillant, il est totalement immergé dans le bain intellectuel et
universitaire, par sa naissance même. Après une phase sans précédent
d'institutionnalisation de la discipline, de mobilisation autour de son
enseignement, perçu comme base du relèvement de la nation désastreusement
défaite en 1870, il
appartient à la génération marquée en France par la
« professionnalisation » du métier qui participe ardemment à la
construction de la IIIe République, mais aussi par les fractures multiples qui
le parcourent : difficile progression des carrières académiques dans la
conjoncture d'après-guerre, et davantage encore à partir des années trente,
face à un nombre démographiquement figé des postes ; crispation et remise
en cause du statut de sa discipline, de sa définition « positive » et
descriptive, de ses méthodes et de ses champs, face aux autres sciences humaines
émergentes, profondément novatrices (la psychologie, la sociologie,
l'anthropologie sociale - et physique -, l'économie appuyée par la statistique,
la linguistique entre autres, auxquelles il convient d'ajouter l'essor
qualitatif et quantitatif de l'archéologie sous l'impulsion anglo-saxonne),
orientées quant à elles autant vers l'analyse que vers la rigueur des
chiffres ; déstabilisation épistémologique également face aux avancées
sans précédent des sciences tout court (biologie, chimie, physique quantique,
mathématiques) et de leurs applications.
Marc
Bloch est un témoin privilégié des débats qui surgissent de cette confrontation
et auxquels son père prend part, au tournant du siècle. Mieux, il est l'un des
récepteurs pionniers de ces conquêtes de l'esprit, rare historien à en saisir
pleinement les enjeux dès ses années de formation comme le montrent ses carnets,
avide de satisfaire tout aussi pleinement à cette exigence de scientificité
sitôt reposée à l'histoire après la publication en 1894 par Paul Lacombe, De l'histoire considérée comme science, après surtout que ses
maîtres, Charles-Victor Langlois et Charles Seignobos, aient cru y répondre par
leur célèbre Introduction aux études
historiques, en 1898, et que ne paraisse, en 1901, sous la plume de ce
dernier, La méthode historique appliquée
aux sciences sociales : une incontestable ouverture mais aussi la
tentative de conserver une emprise intellectuelle et institutionnelle
fragilisée dans son essence même, conceptuelle.
Marc Bloch a entendu. Il a tout compris de la prodigieuse
« vitalité » (F. Dosse) qu'offre ce basculement,
avant 1914. Son horizon recouvre l'ensemble de ces avancées et des questions
qu'elles supposent, guidant son approche des sociétés : ce qui en fait la
« chair », la compréhension des hommes dans leurs évolutions. À
commencer par celle des conditions matérielles, de l'environnement et de la
subsistance, pour lesquelles il convoquera géographie, climatologie,
technologie, agronomie, nutrition, médecine. Comme pour répondre aussi, à sa
manière, aux défis de l'interprétation marxiste et dépasser l'intemporalité des
folkloristes et de la sociologie naissante.
Marc Bloch est l'acteur (et l'auteur) majeur de cette mutation historiographique, il croise mieux que quiconque l'assimilation parfaite des héritages - y compris, il faut y insister, celui de la maîtrise érudite des sources documentaires, sans exclusive - avec ces domaines d'avant-garde dont la pleine réception ne s'effectuera véritablement qu'après 1945 par la mise en lumière des « nouveaux territoires » ou des « nouveaux objets » de l'historien, d'une « nouvelle histoire », même si les prolégomènes peuvent bien sûr en être discernés ici ou là en ordre dispersé. Il lui revient d'avoir voulu, à travers son ouvre, à travers son enseignement et à travers les Annales d'histoire économique et sociale, la revue qu'il crée avec Lucien Febvre en 1929, en démontrer la cohérence globale, ouverte à tous les apports, à commencer par ceux du présent et des questions qu'il pose. Renouvellement fondateur.
La seconde et éminente position de Marc Bloch tient à l'exemple : celui de la fonction qu'il assigne à l'historien dans la cité - se faisant aussi une idée de son propre rôle, au risque de passer, de son vivant, pour monstrueusement prétentieux aux yeux de ses contemporains et rivaux universitaires, du moins en France. Sa « mission sociale », ainsi qu'il la définit lui-même. Non pas seulement un engagement parallèle ou dérivé de sa discipline comme Charles Seignobos en 1907 venait d'en rappeler toute la portée, « l'enseignement de l'histoire comme instrument d'éducation politique » : depuis Plutarque, Polybe, Machiavel, ou Michelet, pareille « leçon » n'avait rien d'original, même si la République s'efforçait d'y trouver ses fondements. Non pas la revendication en son sein de l'omnipotence des « professeurs » dont les figures « d'intellectuels » nouvellement dominants, étaient conjointement stigmatisées par Julien Benda ou Albert Thibaudet. Mais au-delà, la pleine affirmation de son « métier d'homme et de citoyen » par l'accomplissement le plus profond du programme tracé en 1876 par la Revue historique et son fondateur, Gabriel Monod, le « réveil de la conscience » : une quête de la vérité indivisible. Fraîchement marquée du sceau de l'Affaire Dreyfus, de son traumatisme mais aussi de ses leçons, elle constitue, pour Marc Bloch, la règle directrice de sa vie, scientifique, philosophique, politique. Celle-là même transmise par son père Gustave, publiquement engagé dans la cause du capitaine déchu en 1899, et dont l'écho est rapporté dans son hommage rendu lors de l'assemblée des anciens élèves de la rue d'Ulm en janvier 1905 - quatre mois après l'entrée de Marc à l'ENS - à Émile Duclaux (1840-1904), l'un des principaux soutiens de la cause dreyfusarde, illustre normalien (1859) et directeur de l'Institut Pasteur, époux de la non moins célèbre femme de lettres londonienne Mary Robinson-Darmester (1857-1944), traductrice d'Euripide, auteur d'une première Vie d'Ernest Renan publiée Outre-Manche (1897, traduction française dès 1898), et médiéviste à ses heures :
« Les vérités scientifiques s'imposent ; elles donnent à ceux qui les comprennent une sorte d'âme extérieure, indépendante des personnes, des temps et des lieux. C'est dans les sciences qu'il est le plus facile de sortir de soi pour se voir réfléchir, et de se rapprocher de cette impartialité sereine qui devrait présider à toutes nos délibérations de conscience. Voilà pourquoi, quand on veut désigner un esprit libre, ouvert et débarrassé de préjugés, on l'appelle 'esprit scientifique' ».
Marc Bloch reprend presque mot pour mot la devise d'Ernest Renan, Dilexit veritatem : « il a chéri la vérité ». Son choix pour épitaphe lui confère sa transcendance. L'histoire, donc le travail des historiens, comme moteur de la démocratie : son essence vitale, comparable au jus extrait par le fouleur que montre l'image gravée de son ex-libris assorti de la maxime déclinée, Veritas vinum vitae (« La vérité est le vin - la sève - de la vie »), une transposition du Pressoir mystique et de sa référence scripturaire. Comme l'a plus récemment traduit Antoine Prost : « la construction, sans cesse inachevée, de l'humanité dans chaque homme ». Conviction progressiste, cette conscience idéale est alors partagée dans la France d'après-guerre par quelques philosophes d'avant-garde, Léon Brunschvicg ou Gaston Bachelard, qui défendent l'optimisme rationnel d'une transformation possible de la société par les voies de la science ; elle l'est aussi, et peut-être surtout, en Grande-Bretagne, comme l'illustrent entre autres, les réflexions de R. G. Collingwood (« Everyone is an historian », en 1927) ou le puissant lobby formé par la Fabian Society et la London School of Economics and Political Sciences vers laquelle s'orientera le regard de Marc Bloch. Elle mène à la fusion du labeur, ouvre du « travailleur », mot qu'il affectionne particulièrement, et de son éthique : assignation éminente de l'historien, « acteur social » par son analyse critique raisonnée, non plus par la seule « restitution » d'un récit, mais par sa réflexion fruit de tout son être, propre à forger et éclairer la citoyenneté, à l'incarner contre toute erreur, mensonge ou barbarie, jusqu'à y trouver la mort, fusillé le 16 juin 1944 aux côtés d'autres résistants.
Que ce martyre en ait fait une icône est parfaitement justifié. Mais s'il ne l'avait pas subi ? La tragédie n'est, hélas, pas si singulière. « Logique » dans son extraordinaire conjugaison, ce destin doit-il occulter le mouvement général de la connaissance historique, les confrontations, le cheminement patient et simultané d'autres secteurs que ceux privilégiés par Marc Bloch, fussent-ils même envisagés de façon plus « historicisante » ou « événementielle », là où la trame érudite restait largement à établir, là où le socle des matériaux devait être d'abord rassemblé avant d'autoriser l'accès à la maturité d'une intelligence d'ensemble ? Normalien (1880), professeur à l'Université de Bordeaux, historien du droit, mais aussi grand spécialiste d'histoire religieuse et sociale du Moyen Âge et de l'époque moderne, par ailleurs fortement impliqué dans les « questions contemporaines », morales, politiques et religieuses auxquelles il consacre plusieurs ouvrages dans la mouvance du catholicisme libéral, Pierre Imbart de la Tour (1860-1925) est sans doute l'un des premiers en France à décrire les évolutions de sa discipline. Son diagnostic et ses perspectives livrent, dès 1907, un tremplin essentiel aux développements historiographiques de Marc Bloch, qui pourtant n'en soufflera mot. Il faut le relire d'entrée, et même longuement :
« Depuis un demi-siècle, écrit Imbart de la Tour, l'histoire a subi une double transformation : elle est devenue une science et une science sociale.
Que l'histoire soit une science, c'est là une affirmation qu'il n'est plus nécessaire de démontrer. À vrai dire, cette idée n'est pas nouvelle. Le dix-septième siècle l'avait eue avant nous, et les travaux des Bollandistes ou des Bénédictins, le génie d'un Mabillon avaient déjà posé les règles de l'érudition et de la critique. Ce sont ces traditions, obscurcies par l'idéalisme des 'philosophes', que le dix-neuvième siècle a eu la gloire de retrouver et de préciser. L'histoire est née, à son aurore, dans le berceau du romantisme ; elle a grandi avec lui, sous l'influence du mouvement intellectuel ou politique de 1830. Divination d'artistes qui voulaient rendre au passé son mouvement et sa couleur ; curiosité d'érudits qui exploraient et publiaient les documents ; expérience d'hommes d'État ou de philosophes qui cherchaient dans l'étude du passé une théorie des institutions ou des lois sociales, la science historique se formait, peu à peu, de ces afflux si divers. Elle prenait conscience à la fois de sa méthode et de son objet [.].
L'érudition est la pierre angulaire de l'histoire. Sans ce fondement, il n'est plus permis aujourd'hui de construire l'édifice. Nous n'en sommes plus aux vastes systèmes ni aux synthèses rapides ; nous en connaissons trop la fragilité [.]. Mais l'histoire n'est pas seulement une résurrection ; elle est encore une explication. Elle ne se borne pas à décrire la vie sociale ; elle en cherche le mécanisme. Elle en veut suivre à la fois la formation et les transformations [.]. On l'a définie la science des Sociétés. On peut dire de cette idée qu'elle a été une des découvertes intellectuelles du dix-neuvième siècle. Elle s'est formée d'abord sous l'influence du positivisme qui a rétabli parmi nous cette notion de l'être social, du Zôon politikon, si étrangement méconnue par l'individualisme philosophique. Elle s'est développée surtout sous l'influence de nos besoins, de nos idées nouvelles, qui ont reporté vers le sort des masses tout l'intérêt qui s'attachait jadis aux grandes individualités. Il n'est que trop vrai que les sciences morales ne s'isolent jamais complètement de leur milieu. L'histoire avait pu être dynastique, sous un régime de gouvernement absolu ; militaire et parlementaire, dans un temps où les questions de prépondérance et de liberté politique agitaient l'Europe. Elle est devenue économique dans une génération où ces problèmes tendent à dominer tous les autres. Organisation de l'État, régime du travail, de la production ou des échanges, répartition de la richesse, structure des classes, de la famille, de la propriété., nous transportons dans l'étude du passé toutes ces préoccupations de notre temps. [.]
Le vrai rôle de la science est l'étude de ces forces obscures qui mènent le monde, de ces infiniment petits, alvéoles imperceptibles où s'élabore, grandit, se modifie la vie matérielle, comme la vie morale des peuples. Q'importent donc les récits des guerres ? Nous nous attachons à leur résultat. Les luttes de l'agora ou les intrigues de la politique ? Elle ne sont qu'un amusement assez futile. Les créations du génie ? Leur valeur se mesure à leur durée. Telle vie brillante n'est qu'une anecdote sans portée : tel fait obscur, inaperçu, nous révèle la genèse d'un monde. Rien ne vaut qu'en fonction de l'ensemble. ».
À travers ces propos radicaux, d'incroyable justesse et d'équilibre parfait, se lit la « ligne » même sur laquelle Marc Bloch calquera son ouvre : point d'appui inavoué d'une déclinaison à venir, impulsion première d'une révolution attendue dans le champ des sciences humaines ou simple vulgate aux effets retardés par la guerre, malmenée par ses séquelles ? Les directions définies tracent le programme. Or, par un étonnant contraste, si leur mise en ouvre semble largement avancée en Grande-Bretagne, elles demeurent encore peu relayées, tâtonnantes et discutées en France. Ces horizons novateurs sont toutefois moins ignorés qu'on ne l'imaginerait trop rapidement : des travaux comme ceux menés par Paul Alphandéry, dès 1910, hélas interrompus par sa disparition précoce en 1932, ou ceux de René Grousset à sa suite, entre histoire religieuse et histoire politique, confinant à la compréhension des mentalités, et pour s'en tenir à la période du Moyen Âge puisqu'il s'agit des mouvements de croisade et des États de l'Orient latin, ne sont pas hermétiques à l'approche énoncée ni aux préoccupations novatrices que Marc Bloch et l'addition continue de ses travaux ont portées. Pas davantage que celles initiées en histoire économique par son prédécesseur à la Sorbonne, Henri Hauser, de vingt ans son aîné, auquel il s'associera. Sans oublier, au plus près possible, la voie suivie par Lucien Febvre, consacré par le Collège de France en 1932 : tout de même ! Marc Bloch est loin du désert. Mais emprunts ou convergences n'ont sans doute pas toujours suffi à établir, au-delà de l'estime, de fortes amitiés. Le monde universitaire n'est pas qu'un univers intellectuel, et quand bien même : cruel, il est aussi celui d'une âpre concurrence entre « personnalités » comme il convient encore de le dire pudiquement - et dans la plus parfaite hypocrisie - de nos jours. Aussi, pour Marc Bloch, le « détour » (by-path, selon un terme appelé à revenir plus loin) au-delà de la Manche et l'exemplarité anglaise apparaissent plus que décisifs. Aplanissant ces enjeux, jetant un pont vers un idéal civilisationnel, « moral », au passif moins lourd et surtout moins récent que celui fraîchement cumulé Outre-Rhin, aux horizons moins dangereux aussi, les relations précisément recherchées et tissées à Londres ou à Cambridge plus qu'ailleurs révèlent aussi un « modèle » intellectuel et politique, certes quelque peu idéalisé, représenté par John Keynes, Richard Tawney ou Eileen Power, dont la réflexion pure s'allie à l'action, et réciproquement : la pensée est aussi une façon d'agir.
L'expérience de la Grande Guerre, volontiers soulignée aujourd'hui comme matrice de la vision de Marc Bloch, ne lui est pas spécifique : des milliers d'hommes l'ont vécue dont il a partagé la souffrance, alliés anglais, belges, italiens, américains, face à d'autres, allemands ou autrichiens. De nombreux savants et historiens qui n'en ont pas été pour autant d'autres Marc Bloch. Une « expérience », assurément, dont il a pu tirer profit autant que celle du basculement d'un monde dont il est le témoin : ère des masses, de la propagande et de la désinformation, temps collectif de la mort et de la survie, vision des paysages ravagés ici, en rapide transformation ailleurs alors que la culture et les croyances anciennes - « traditionnelles » - s'estompent. Un monde en train de se perdre.
Objet d'étonnement jusqu'à être considéré comme un trait aussi unique qu'essentiel, la somme des lectures opérées par Marc Bloch et son rôle d'intermédiaire privilégié de l'historiographie germanique, de « passeur » de la science historique allemande. Or, outre la place dominante de cette dernière entre 1860 et 1914, le contexte de forte rivalité qu'elle suscitait alors du côté français, c'est faire peu de cas à la fois d'une simple nécessité scientifique à laquelle tout historien sérieux ne pouvait que se soumettre, ne serait-ce que par référence au corpus documentaire amplement édité Outre-Rhin, et du jugement peu amène de Marc Bloch sur cette production. Sa position ressort selon nous davantage de celle du « guetteur », face à toutes les dérives possibles, comme on le verra : « Ce qu'il faut désapprendre de l'Allemagne » avait solennellement averti Henri Pirenne en 1921. Marc Bloch vouait une grande admiration au célèbre historien belge : loin de tout chauvinisme abhorré, des nationalismes exécrés, se serait-il voulu à sa manière comme une sorte de « ligne Maginot » de la science française dans son domaine, captant le meilleur - il était officier de renseignement - pour informer du pire ?
À l'inverse, des premiers comptes rendus bibliographiques aux dernières « leçons » quasi clandestines, les horizons d'Outre-Manche apparaissent constamment scrutés, comparés, visités, sollicités, cultivés. Un fil permanent, tendu de manière obsessionnelle, le relie à l'Angleterre. Regardons seulement le choix des thèmes qui ponctuent son ouvre : « La vie de saint Édouard le Confesseur » (1923), Les Rois thaumaturges. en France et en Angleterre (1924), Seigneurie française et manoir anglais (1934), La structure politique et sociale de la Grande-Bretagne (1942). Et quand bien même leur titre n'en laisseraient rien paraître, Les Caractères originaux de l'histoire rurale française (1931) et La Société féodale (1939) révèlent la part majeure réservée à la comparaison avec le cas anglais.
Or curieusement, si l'on se plaît à reconnaître les apports de l'École historique allemande dans la révolution historiographique accomplie par l'ouvre de Marc Bloch, cette place de l'influence intellectuelle britannique, celle même du modèle anglais - passé ou présent -, semblent, telle une évidence, n'avoir que peu retenu l'attention. Seul ou presque, Pierre Toubert, en 1988, dans sa préface à la réédition des Caractères originaux, en a analysé la longue imprégnation et la dette. La parution à Strasbourg, en 1924, des Rois thaumaturges dont le sous-titre souligne la dimension, Étude sur le caractère surnaturel attribué à la puissance royale particulièrement en France et en Angleterre, signe pleinement la rencontre déterminante avec l'approche humaniste, ethnologique (James Frazer) et érudite (Raymond Crawfurd, Helen Farquhar) produite en Grande-Bretagne : ouvrant les portes de l'anthropologie des sociétés passées et de l'histoire comparée (essentiellement avec l'Angleterre), l'ouvrage marque un tournant fondamental de la pensée historique.
Il reste à examiner ce parcours. Tenter de mieux cerner cette propension indéfectible de Marc Bloch : sa fermentation d'origine, ses relations directes ou indirectes avec les travaux et les milieux universitaires anglais, leur construction et les comparaisons établies, la nature des échanges, leur apport. La prégnance continue d'un modèle ardemment cultivé. Son propre bilan : oui, « de chers amis ». Les impressions plus larges ne devront pas échapper : au-delà du « métier d'historien », comprendre l'homme.
Access, success, distress.
Avant-propos 7
Introduction : En Grande-Bretagne : de chers amis 11
1. « Un si petit monde » 25
Ouvrages empruntés par Marc Bloch à la Bibliothèque de l'École normale supérieure 45
2. Comparative studies 61
3. Feudalism(s) 107
4. To learn or to teach ? 159
Le voyage familial de Marc Bloch, septembre 1937 204
5. L'Entente ratée 207
Documents 235
Lettre de Marc Bloch à André Siegfried 235
Notes de voyage en Angleterre par Simonne Bloch 239
Impressions du voyage en Angleterre (1937) 260
Portraits 263
Gustave Bloch 264
Marc Bloch, vers 1930 265
Thomas Frederick Tout 266
George Gordon Coulton 267
Richard Henry Tawney 268
Eileen Power et Herbert George Wells 269
Paul Vinogradoff 269
Frederick Maurice Powicke 270
Michael Postan 271
Repères biographiques 273
Principales éditions des ouvres de Marc Bloch 281
Index 283
Abergavenny, 254
Aberystwyth, 51
Abetz, Otto, 203
Abulafia, David, 180, 181
Ackerman, Robert Allen, 38, 39
Acton, J. E., 59
Adelsdorfer, Elizabeth, 39
Agulhon, Maurice, 99
Aigues-Mortes, 62
Aix-les-Bains, 161
Alain Voir Chartier, Émile
Albert, Henri, 177
Albertini, Pierre, 43
Alcan, Félix, 47
Alexandre III, 70
Alexandre, Arsène, 171
Allix, André, 118
Alphandéry, Paul, 20
Altman, Georges, 279
Alverny, Marie-Thérèse d', 79
Amalvi, Christian, 8, 111, 114
Amara, M., 64
Amat, Roman d', 8
Amiens, 62, 240, 261, 274
Andler, Charles, 40, 41, 131, 177, 187, 276
Andréadès, Andréas, 212
Angers, 62, 278
Appien, 37
Aristote, 129
Aron, Raymond, 100, 220
Arras, 67, 214
Artelt, W., 78
Ascoli, Georges, 165
Ashford, 241
Ashley, William James, 44, 53, 103, 104, 119, 160, 193
Aston Subedge, 250
Atsma, Hartmut, 21
Auden, W.-H., 225
Audouin-Rouzeau, Stéphane, 65
Augé-Laribé, Michel, 58, 94
Augustin, saint, 183
Avenel, Georges d', 193
Azéma, Jean-Pierre, 12
Babelon, Ernest, 40
Babeuf, 150
Babylone, 29
Bachelard, Gaston, 17, 220
Bakewell, 255
Balard, Michel, 20
Baldensperger, Fernand, 64
Baldwin, 224
Balfour, 236
Ballard, Adolphus, 213
Bangor, 51
Barbie, Klaus, 280
Barnavi, Élie, 185
Barnsall, 257
Barnsley, 256
Barthélemy, Dominique, 25, 48, 71, 140
Baruzi, J., 220
Bataillon, Lionel, 134
Bates, David, 7, 138
Bath, 248
Baudrillart, Mgr, 19
Baulig, Henri, 232
Beardwood, Alice, 213
Beauvais, 62
Becker, Annette, 21, 57, 233
Becquemont, Daniel, 56
Bédarida, François, 7, 9, 15, 214, 215
Bédier, Joseph, 115
Bellini, Giovanni, 254
Belmont, Nicole, 36
Belot, Émile, 26, 27, 28
Bémont, Charles, 46, 65, 91, 136, 159
Benda, Julien, 15
Benett, H.S., 200
Bennett, R., 202
Benson, Robert L., 180
Bentham, Jeremy, 100
Berg, Maxine, 52, 189, 190, 196, 197, 198, 211
Bergson, Henri, 44
Berlin, 78, 88, 176, 186, 229, 274
Bernstein, Édouard, 130
Berr, Henri, 39, 49, 54, 55, 57, 58, 59, 65, 83, 84, 88, 107, 115, 116, 117, 124, 130, 132, 146, 160, 165, 166, 168, 171, 178, 207, 211, 212, 227, 273
Bersot, Pierre Ernest, 44
Bertaux, Émile, 179
Berthelot, Marcelin, 100, 189
Beveridge, William, 168, 169, 170, 173, 190, 200
Biard, Agnès, 54
Biehringer, Fr. J., 178, 179
Birmingham, 103, 203, 224, 225, 254, 255, 261
Bishop, T.A.M., 199
Black, W.G., 77
Blackstone, William, 149
Blake, William, 220
Blanche de Castille, 48
Bloch, Alice, 234, 240, 254
Bloch, Daniel, 8, 215, 230
Bloch, Étienne, 7, 12, 21, 53, 57, 65, 73, 149, 154, 203, 205, 212, 213, 214, 219, 224, 229, 230, 233, 234, 239, 254, 255
Bloch, Gustave, 8, 16, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 35, 36, 39, 40, 41, 42, 43, 46, 56, 59, 73, 81, 85, 91, 149, 159, 178, 216, 265, 273, 275
Bloch, Louis (frère), 41, 86, 149, 159, 275
Bloch, Marc (grand-père), 149
Bloch, Oscar, 28
Bloch, Sara, 278
Bloch, Simonne, 176, 183, 203, 239, 275, 278
Bloch-Michel, Jean, 279
Bloch-Michel, Marie, 205, 239, 242
Blondel, Charles, 81, 142
Blondel, Georges, 178
Blum, Antoinette, 40
Bock, Hans Manfred, 67
Bodo, 189
Bognetti, Gian Pietro, 211
Bohain, 214, 278
Boissier, Gaston, 39
Boissonnade, Prosper, 192
Boivin, P., 131
Bonnard, Abel, 279
Bonnat, 99
Bonnet, Alfred, 53
Booth, Charles, 37
Bordeaux, 17, 20
Borella, Pierre, 7
Borkenau, Franz, 209
Boulainvilliers, Henri de, 149
Bourdan, Pierre (Pierre Maillaud), 229
Bourdé, Guy, 14
Boureau, Alain, 177, 180, 184
Bourel, Dominique, 54
Bourg-d'Hem, 12, 203, 230, 276
Bourges, 261
Bourton-on-the-Hill, 250
Bourton-on-the-Water, 250
Bousquet-Labouérie,
Christine, 210
Boutmy, Émile, 61,
223
Boutroux, Émile, 46,
58, 59
Boutruche, Robert,
53, 205, 232
Bouvier, Pierre, 37
Bowra, Cecil Maurice, 180, 181, 187
Boyd, Kelly, 8
Brackmann, Albert,
177
Bradford-on-Avon, 248
Braudel, Fernand, 7
Braungart, R., 102
Breslau (Wroclaw),
195
Bresslau, Heinrich,
90
Brest, 216
Breuil, abbé Henri,
275
Brian, Éric, 54
Broadway, 251
Brooke, C.N.L., 196
Brown, G.C., 86
Browne, J., 77
Bruhat, Jean, 128
Brunner, Heinrich, 118,
156
Brunschvicg, Léon, 17
Bruxelles, 66,
107, 276, 277
Bücher, Karl, 191
Buckingham,
260
Buckland, 251
Buckle, 44
Burford, 249, 250
Burguière, André, 12,
21, 86, 134, 144, 226
Bury, J.B., 42, 46
Bussy, Dorothy, 221
Butler, Geoffrey, 74
Buxton, 255
Byzance, 111
Cable, Boyd, 59
Cahm, Éric, 89
Caine, Sidney, 170
Calais, 241
Calmette, Joseph, 67,
111
Cam, Helen, 104, 194,
200
Cambon, Paul, 236
Cambridge, 20,
30, 31, 36, 37, 74, 100, 133, 151, 160, 164, 166, 169, 174, 179, 188, 189, 194,
197, 198, 203, 205, 211, 228, 259, 260, 261, 277, 278
Campion, Sarah Voir Coulton
Candar, Gilles, 9,
46, 226
Cannon, John, 8
Canterbury, 259, 260, 261
Cantor, Norman F.,
138, 180, 181, 186, 195, 210, 230
Canto-Sperber,
Monique, 49
Capet, Hugues, 71
Carbonell,
Charles-Olivier, 56
Carcopino, Jérôme,
26, 39, 149, 227, 278
Cardiff, 51
Carlyle, Alexander J. et Robert W., 160
Carpentier,
Élisabeth, 192
Carrière, Eugène, 90
Caton, 37
Cecil, Robert, 220
Celli, Rose, 166
Cérilly, 99
Chamberlain, Arthur
Neville, 223, 224, 236
Chamberlain, Austen,
224, 236
Chamberlain, Joseph,
224, 225, 236
Chambers, 44
Chamson, André, 87
Chapel-en-le-Firth, 255, 256
Charcot, Dr Jean
Martin, 86
Charle, Christophe, 8
Charlemagne, 139
Charleroi, 278
Charles le Chauve,
110, 139
Charles VII, 176
Charmley, John, 224
Chartier, Alain, 176
Chartier, Émile, 277
Chase, Myrna, 100
Chassaigne, Philippe,
225
Chastleton, 250
Château-Gaillard,
62
Chatsworth, 255
Chaubet, François, 7,
221
Chaucer, Geoffrey,
189, 190
Cheltenham Spa, 251
Chepstow, 253
Cherbourg,
216, 278
Chevalier, Jacques,
278
Chickering, Roger, 91,
92, 134
Chipping Campden, 250, 251
Chipping-Norton, 250
Christianson, Gerald, 163
Christie, Agatha, 230
Church, Samuel Harden, 91
Churchill, Winston, 234
Cicéron, 37
Cirencester, 249
Clapham, John Harold,
173, 180, 188, 194, 196, 203, 211, 231, 235
Clark, George Norman,
210, 211
Clarke, M.V., 213
Claude (empereur),
137
Cleeve Hill, 251
Clemenceau, Georges, 234
Clément VI, 67
Clément, Jean-Louis,
55, 186, 223
Clermont-Ferrand,
100, 278, 279
Coat, M., 200
Cobden, Richard, 189
Cohen, Gustave, 15,
151
Cole, Margaret, 199
Colet, John, 95
Colin, Armand, 167,
239
Collingwood, Robin
George, 17, 138
Colombo, John Robert,
221
Conrad, Christoph et
Sebastien, 102
Conybeare, Fred Cornwallis, 66
Cooper-Richet, Diana,
7
Coornaert, Émile,
276, 277
Coulton, George
Gordon, 139, 151, 160, 161, 162, 163, 164, 165, 173, 179, 184, 188, 191, 194,
208, 211, 267
Coulton, Mary Rose (Sarah Campion ), 162
Crawfurd, Raymond,
22, 75, 79, 80, 164
Creighton, Charles,
164
Crittall, Elizabeth,
194
Cromwell, 64
Crouzet, Denis, 25
Crouzet, François, 7,
194, 198
Cru, Robert Loyalty,
205
Crump, C.J., 191
Curwen, Cecil E., 170
Dalarun, Jacques, 7,
82
Darmester, James, 16
Darwin, Charles, 31,
33
Dauphragne,
Françoise, 7
Dauriac, Lionel, 8,
35, 43, 73, 149, 178, 216
Davenport, Frances Gardiner, 104
David (roi), 36
David, Jean-Michel,
26
Davillé, Louis, 65
Davis, Natalie Zemon, 166
Davy, Georges, 65,
71, 81
De Gaulle, Charles,
231
De Man, Henri, 131
De Ricci, S., 64
De Stefano, Antonino
de, 178, 179
Déat, Marcel, 131
Defoe, Daniel, 164
Degas, Édouard, 254
Deixonne, M., 131
Delaborde, comte
Henri-François, 72
Delcassé, Théophile,
236
Delehaye, Hippolyte,
150
Delisle, Léopold, 103
Demangeon, Albert,
48, 86, 163, 167, 172, 205, 232, 260
Demolin, Edmond, 226
Denholm-Young, Noël,
141, 142, 201
Déprez, Eugène, 67
Derby, 255
Derville, Alain, 147
Des Marez, Guillaume,
64
Desjardins, Paul, 44,
220
Deville, Gabriel, 130
Deyon, Pierre, 15,
226
Diane, 37
Diceto, Ralf de, 70
Diehl, Charles, 46
Dieppe, 189
Dill, Samuel, 42
Dioclétien, 27
Dodds, C., 79
Dognon, Marguerite,
166
Dognon, Paul, 166
Dollinger, Philippe,
209
Dommanget, Maurice,
150
Dopsch, Alfons, 88, 118, 139, 196, 205, 209
Dopsch, Heinz, 205
Dorking, 242
Dosse, François, 12,
14, 21
Doumer, Paul, 165
Douvres, 203, 215,
241, 278
Dreyfus, capitaine Alfred, 16, 26,
40, 274
Dreyfus,
François-Georges, 231, 232
Duby, Georges, 43,
192
Duclaux, Émile, 16
Duclert, Vincent, 16,
49
Dufour, J., 209
Dumas, G., 153
Dumont, Albert, 28
Dumoulin, Olivier, 8,
80, 118, 126, 128, 134, 144, 147, 171, 221, 225
Dunkerque,
215, 217, 278
Dupront, Alphonse, 20
Durkheim, Émile, 32,
44, 55, 57, 61, 71, 83, 91, 142, 143, 168, 186, 229, 273
Durkheim, Marie
Belle, 55
Duruy, Victor, 111
Edendale, 256
Édouard Ier, 49
Édouard II, 189
Édouard III, 202
Édouard le Confesseur, saint, 71, 72, 187
Eglentyne, dame, 189
Éguzon, 99
Eliot, T.-S., 225
Elton, J., 202
Énée, 37
Engels, Friedrich,
41, 126, 131, 152, 219
Érasme, 95
Ermentrude, 189
Eschyle, 32
Espinas, Georges, 66,
168
Étard, Paul, 65
Étiemble, 62
Euripide, 16
Eversham, 251
Fabre, Jean-Henri,
113
Fachoda, 89
Farnham, 164,
243
Farquhar, Helen, 22,
75, 76, 159
Fawtier, Robert, 171
Feavearyer, A.E., 212
Feaver, George, 31
Febvre, Lucien, 8,
14, 15, 20, 39, 40, 43, 46, 49, 56, 63, 66, 84, 86, 88, 90, 116, 117, 124, 131,
133, 134, 142, 144, 145, 147, 152, 160, 161, 163, 166, 167, 168, 169, 171, 172,
173, 174, 175, 176, 188, 192, 194, 199, 201, 202, 203, 205, 206, 207, 208, 209,
211, 212, 213, 214, 215, 221, 222, 223, 224, 225, 226, 228, 229, 230, 232, 233,
234, 239, 260, 275, 276, 277, 278, 279
Febvre, Paul, 46
Febvre, Suzanne, 166
Fegersheim,
149
Fink, Carole, 8, 36,
70, 132, 166, 194, 203, 214, 216, 230, 235
Finke, Heinrich, 90
Fisher, Herbert A.L., 189
Flach, Jacques, 28,
29, 30, 31, 41, 91, 103, 108, 118, 119, 123, 145, 150, 151, 152
Flat, Paul, 28
Flaubert, 28
Flavius Josèphe, 39
Fletcher, C.R.L., 46
Fliche, 279
Folkestone, 241
Fontainebleau,
47, 113, 274
Fontenay, 205
Fossier, Robert, 144
Fougères, 35,
44, 77, 203, 212, 230, 276, 278
Fountains Abbey, 258
Fournier, Marcel, 55,
56, 83, 168
Foville, Alfred de,
29
Frazer, James, 22,
29, 36, 39, 40, 61, 84, 154
Frazer, Lady, 39
Frédéric II de Hohenstaufen, 52, 177, 184,
187
Freeman, Edward A.,
33
Frenay, Henri, 231
Freud, 132
Friday-Sheet, 242
Fried, Johannes, 180
Friedländer, Saul,
185
Friedman, Susan W., 57, 58, 83
Friedmann, Georges,
132
Fry, Isabel, 220
Fry, Roger, 220
Fustel de Coulanges,
Numa-Denis, 19, 26, 27, 29, 30, 31, 34, 39, 46, 61, 85, 95, 96, 97, 103, 104,
108, 118, 123, 125, 128, 134, 143, 228
Gallois, Lucien, 48,
54
Gallouédec, Louis,
223
Gand, 66, 276
Ganshof,
François-Louis, 64, 93
Gardiner, Samuel
Rawson, 44, 49
Garnett, David, 62
Garrett, Margery, 220
Gasnault-Beis,
Marie-Claude, 172
Gasquet, Francis
Aidan, cardinal, 162, 163, 164
Gauclère, Yassu, 62
Geddes, Patrick, 37
Gedye, George E.C.,
230
Geffroy, M.A., 39
Gemelli, Giuliana,
55, 166
Genet, Jean-Philippe,
116, 185, 201
Genève, 169
George, Lloyd, 189
George, Stefan, 155,
177, 184, 187
Georges VI, 185
Gerhard, D., 157
Gerould, Gordon Hall,
74
Gibbon, Edward, 42
Gide, André, 132,
220, 221
Gilson, Étienne, 176,
208
Glasgow, 209
Glastonbury, 247
Glotz, Gustave, 139
Gonner, E.C.K., 46,
94
Gorochov, Nathalie, 7
Gort, Lord, 215
Gouguenheim, Sylvain,
7
Gouthier, Giuseppe,
233
Greenwood, Walter,
225
Grenier, Albert, 15,
277
Grenier, Jean, 87
Grévy, Jules, 27
Grmek, Mirko D., 78
Gross, Charles, 44,
213
Grousset, René, 20
Grünewald, Eckhart, 181
Guenée, Bernard, 7
Guérard, Benjamin,
30, 151, 193
Guéret, 278
Guerreau, Alain, 85,
113, 119, 126, 151
Gueslin, André, 232
Guichard, G., 209
Guildford, 242, 243
Guillaume le
Conquérant, 98, 137, 140
Guilloux, Louis, 87
Guizot, François, 42,
49, 100, 111, 118
Guy-Loë, Henriette,
49
Guyot, Édouard, 66
Gwatin, H. M., 46
Habakkuk, John, 196
Haddon Hall, 255
Haeckel, Ernst, 150
Halbwachs, Maurice,
81, 142, 168, 277
Halévy, Daniel, 43,
99, 178, 189
Halévy, Élie, 49, 99,
100, 189
Halévy, Florence, 189
Halévy, Ludovic, 100
Hall, Hubert, 94,
170, 171, 190, 198
Halle, 78
Halphen, Jacques, 55
Halphen, Louis, 46,
110, 115, 116, 209, 278
Hammer, Ph., 102
Hampe, Karl, 178, 179
Handerson, H. E., 77
Harrison, Jane Ellen,
37
Harrisson, Brian, 8
Harrisson, T., 232
Hartog, François, 85,
111, 143
Haskins, Charles
Homer, 138, 179
Hathersage, 256
Hauser, Henri, 20,
92, 168, 171, 175, 194, 277
Hayles Abbey, 251
Helbock, Adolf, 203
Helgaud de Fleury, 82
Henri Ier
d'Angleterre, 83
Henri III, 90, 135
Henri VIII, 162
Herbert, John
Alexander, 73, 74
Hereford, 193,
254
Hérodote, 148
Herr, Lucien, 40, 41, 49, 71, 100, 131,
177, 187
Herriot, Édouard,
208, 214
Hervé, Gustave, 90
Hery, Évelyne, 13,
15, 221, 223
Heuberger, Georg, 42
Hildebrandt, Kurt, 187
Hill, A.O., 88
Hill, B.H., 88
Hill, D., 46
Hilton, Rodney, 192
Hintze, Otto, 19,
156, 157, 158
Hirschfeld, O., 42
Hitler, Adolf, 185,
186, 187, 224
Hobbes, Thomas, 149
Hobsbawm, Eric, 169,
197, 228
Hodgskin, Thomas, 100
Hodkin, 200
Hog's Back, 243
Holland, Lora L., 39
Holmes, Rice, 42
Holyoake,
George-Jacob, 189
Homans, George C.,
202
Howarth, T.E.B., 228
Hubert, Henri, 81, 83
Huillard-Bréholles,
Jean-Louis Alphonse, 52, 178
Hume, David, 34
Hummel, Pascale, 28,
42, 43, 44
Ikley, 257
Imbart de la Tour,
Pierre, 17, 18, 19, 20, 91, 121, 130, 144
Innocent VI, 67
Irongate, 255
Isabelle de France,
188
Isidore de Séville,
129
Izard, Michel, 36
Izoulet, Jean, 35
Jacob, Ernest Fraser,
80, 159, 191, 201
Jacquart, Danielle,
78
James, 178
James, Henry, 189
Janin, P., 8
Jarrett, Bede, 213
Jaumain, S., 64
Jaurès, Jean, 40, 44, 89, 163
Jean sans Terre, 174
Jenkins, J. T., 172
Jenkinson, Hilary, 75
Johnson, A. S., 124
Joliffe, J.E.A., 200
Jolis, 239
Jones, G.P., 102
Jones, Mary Gwladys,
194
Jordan, Édouard, 19,
70
Joyce, 87
Judges, Arthur V.,
211
Jullian, Camille, 46,
108, 277
Justinien, 32
Kantorowicz, Ernst,
154, 176, 177, 179, 180, 181, 182, 183, 184, 185, 186, 187
Kantorowicz, Hermann,
180
Kehr, Paul, 90
Kemble, John
Mitchell, 104
Kérallain, René de,
31
Kern, Fritz, 82
Keylor, William R., 50
Keynes, John Maynard,
20, 174, 180, 213, 222, 224
Kiel, 180
Kington, T.L., 178
Kipling, Rudyard, 44,
217
Knoop, D., 102
Koebner, Richard,
176, 195, 199, 208
Kohn, Albert, 177
Koszul, André, 166
Kötzschke, Rudolf,
203
La Borderie, Arthur
de, 114
La Châtre, 99
La Gruerie,
274
Laborde, E. D., 167
Lacock, 248, 249
Lacombe, Paul, 13, 59
Lacrocq, Louis, 77
Lalande, André, 153
Lambert, Édouard, 32
Lampeter, 51
Lamprecht, Karl, 88, 90, 91, 92, 125, 133,
134
Landouzy, Louis, 77
Langevin, Paul, 277
Langlois,
Charles-Victor, 14, 47, 48, 49, 50, 52, 56, 64, 65, 67, 70, 77, 148, 151, 161,
163, 172, 188, 189, 190, 229, 273
Langton, Étienne, 174
Lansdowne, 236
Laplanche, François,
36, 61
Larès, Maurice, 63
Largeaud, Jean-Marc,
7, 12
Laurent, Sébastien,
43, 99, 178, 190
Laurioux, Bruno, 200
Lavaissière de
Lavergne, Alexandre de, 41
Laval, Pierre, 224
Lavisse, Ernest, 26,
40, 46, 47, 100, 119, 221, 273
Lawrence, M.R., 62
Lawrence, Thomas
Edward (Lawrence d'Arabie), 62
Layton, W. T., 46
Le Bon, Gustave, 13
Le Bras, Gabriel, 213
Le Goff, Jacques, 23,
113, 229
Le Lorrain, 254
Le Play, Frédéric,
114, 226
Le Rider, Jacques,
178
Leclerc, Jacques, 239
Leclerc, Max, 167,
170, 207, 227
Ledbury, 252
Leeds, 51,
203, 256, 257, 260, 261
Lefebvre, Georges,
131, 154
Lefranc, G., 131
Leipzig, 78,
88, 185, 191, 274
Leith Hill,
242
Leland, Waldo G., 66
Lemoinne, John, 189
Lemonon, Ernest, 29
Lennard, Reginald,
199
Lens, 278
Lenz, Max, 90
Lerner, Robert E., 182, 187
Leuilliot, Paul, 194,
202
Levett, Ada
Elizabeth, 164, 200
Levy-Brühl, H., 97
Lévy-Bruhl, Lucien,
71, 81
Lewis, Wyndham, 87
Leyburn, 258
Lichtenberger, Henri,
178
Lille, 278
Lincoln, 259, 260
Liverpool, 51,
94
Livet, Georges, 56
Locarno, 224
Loches, 62
Locquin, Jacques, 101
Lodge, Eleanor
Constance, 52
Loisy, Alfred, 61,
162
Londres, 20,
27, 35, 37, 41, 42, 67, 72, 79, 84, 87, 132, 141, 149, 153, 161, 164, 166, 169,
172, 176, 190, 195, 203, 205, 209, 212, 219, 224, 228, 229, 230, 231, 236, 273,
275, 277, 278
Longleat, 247
Longnon, Auguste, 109
Lot, Ferdinand, 109,
110, 115, 116, 137, 143, 145, 147, 171, 172, 209
Lothaire, 110
Louis V, 110
Louis XI, 261
Louvain, 89
Loyseau, 149
Loyson, P.H., 36
Luchaire, Achille,
19, 111, 113, 114, 125
Luther, 144
Lutz Raphael, 230
Lyon, 27, 28,
273, 278, 279
Lyon, Bryce, 8, 66, 160, 192, 225
Lyon, Mary, 8, 66
Mabillon, 18
Mac Kechnie, William S., 66
Mac Lennan, John F.,
33
Macaulay, 44, 198
MacDonald, Ramsay,
224
Machiavel, 15
Madrid, 276
Magnou-Nortier,
Élisabeth, 139
Mahomet, 139
Maidstone, 241, 242
Maine, Henry Sumner,
30, 32, 33, 34, 38, 61, 81, 103, 108, 153
Maitland, Frederic
William, 93, 95, 98, 103, 147, 189, 212, 220
Majerus, B., 64
Malinowski,
Bronislaw, 85, 209
Mallarmé, Stéphane,
99
Malmesbury, 249
Malmesbury, moine de,
201
Manchester,
41, 47, 49, 51, 67, 159, 171, 172, 174
Mann, Hans-Dieter, 56
Mannoni, O., 21
Mantoux, Paul, 59, 90
Marco Polo, 189
Marignan, A., 92
Maritain, Jacques,
223
Marlotte, 73,
216, 240
Mars Ke, 258
Marshall, Thomas
Humphrey, 201, 208
Martel, Charles, 156
Martin, Hervé, 14
Martin, Kingsley, 162, 169, 190
Martin, Michel, 92
Marx Brothers, 230
Marx, Karl, 100, 126,
127, 128, 129, 130, 131, 132, 133, 197, 219
Masham, 258
Mastrogregori,
Massimo, 61
Mathiez, Albert, 131
Matlock, 255
Matthew, H.C.G., 8
Maurois, André, 217
Mauss, Marcel, 39,
55, 56, 59, 81, 83, 84, 85, 97, 131, 142, 145, 165, 168, 273
Mead, George Herbert,
147
Meillet, Antoine, 61
Meinecke, Friedrich,
156
Meitzen, August, 97,
102
Mellows, W.T., 195
Menant, François, 196
Mers el-Kébir,
12
Meyer, Eduard, 90
Meyer-Kalkus,
Reinhard, 67
Meyerson, Ignace, 279
Michel, archange
saint, 75
Michelet, 15, 111,
197, 216
Mickleton, 250
Mill, Stuart, 66, 100, 186
Milton, John, 39, 220
Mirfield, John, 75
Mirot, Léon, 67
Mitteis, Heinrich,
118
Mollat du Jourdin,
Michel, 210, 211, 232
Molsheim, 278
Mommsen, Theodor, 42, 103
Monmouth, 253
Monod, Gabriel, 15,
40, 46, 47, 56, 221, 228, 229
Montaigne, Michel de,
162
Montesquieu, Charles
de, 149
Montfort, Simon de,
65
Montmédy, 274
Montoire, 231
Montpellier,
279
Monzie, Anatole de,
208
Moore, George, 29,
87, 189
Morazé, Charles, 211
More, Thomas, 41, 95,
230
Morenzoni, Franco, 7
Moreton-in-Marsh, 250
Morgan, Lewis, 33
Morison, Theodore, 54
Morris, Peter, 225
Mortet, Charles, 112,
116, 119
Moulin, Jean, 279
Moûtier d'Ahun,
203
Mozart,
Wolfgang-Amadeus, 229
Mulhfeld, Helen, 200
Müller, Bertrand, 7,
8, 15, 53, 71, 89, 100, 167, 168, 172, 175, 209, 232, 260
Munich, 154,
176, 224
Munro, 42
Müntz, Eugène, 28
Murray, Gilbert, 38
Murray, H.M.R., 194
Mussolini, Benito,
224
Nageotte, Dr Jean, 86
Namier, 201
Naunton, 250
Navarre, Marguerite
de, 144
Neale, John Ernest,
201
Nef, John U., 172
New York, 124,
182, 278
Nietzsche, Friedrich,
177, 219
Nivelles, 278
Nogaret, Guillaume
de, 64
Nohant, 99
Nohl, Johannes, 164,
165
Noiriel, Gérard, 50
Northampton,
193
Norwich, 211
Nyon, 239
Odessa, 197
Oexle, Otto Gerhard,
89, 156, 177, 184, 186, 187
Offenbach, 100
Ogden, Charles Kay,
166
Old Sarum, 246
Origène, 183
Orléans, 81, 227
Orly, 48
Orwin, C.S., 208
Ory, Pascal, 226
Osbert de Clare, 73,
74
Oslo, 87, 88,
94, 101, 171, 276
Otton III, 185
Otton IV, 179
Ourliac, Paul, 147
Ovide, 36, 37
Owen, John, 51
Owst, G.R., 175, 199