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Capitaine
François-Frédéric BILLON, Souvenirs
1804-1815 format 15,5x24 cm, 188 pages, ISBN 2-910828-36-0, 27 euros |
Si les noms de Coignet, Bourgogne, Parquin, Lejeune,
Ségur ou encore de Marbot nous sont connus parmi les mémorialistes de l'Epopée, il en est qui nous sont
moins familiers. François-Frédéric Billon fait partie de ces méconnus.
Né en 1784 à Uzès (Gard) il s'engage dans le tout
nouveau corps des vélites
en 1804, il a tout juste vingt ans. Dès lors, il note tous les événements
auxquels il assiste.
Plus tard, dans la tranquillité de sa retraite, il
commencera la rédaction de ses souvenirs, conservant son ton vif, clair, non
dénué d'insouciance et d'humour, qui était le sien étant alors jeune officier.
Le ton qu'il emploie fait penser inévitablement à celui employé par un autre de
ses contemporains, le chasseur à cheval Jacques Chevillet, dont le témoignage
si vivant a été récemment réédité.
Billon tout comme Chevillet, profite pleinement de
la vie, du moment présent, avec, peut-être, cette angoisse sourde d'être tué
demain.
Le récit de notre vélite comporte toutes les péripéties
du soldat d'alors. Des fastes du sacre de Napoléon,
le 2 décembre 1804, au siège de Saragosse, Billon confie au lecteur ses
impressions, ses émotions, ses conquêtes aussi, qui ne sont pas que militaires.
Il y a du séducteur chez ce jeune homme à qui l'uniforme sied à merveille. Il
ne s'en cache pas.
Au fil des pages, on lui découvre également une
admiration non dissimulée pour l'Empereur. De sa rencontre inopinée avec ce
dernier, il gardera une vive impression : « Ainsi me voilà seul dans
la nuit obscure, avec le plus grand
homme de guerre de tous les temps ». Certains hauts personnages
n'échappent pas non plus à son regard. Du maréchal Lannes il dira : « Nous l'aimions, ce
chef intrépide, c'était notre Roland ».
Les batailles auxquelles il participe ne sont pas
oubliées.A titre d'exemple, celle d'Eylau fait l'objet d'un long passage. Au
lendemain de cette dernière, Billon est promu sous-lieutenant au 14ème
régiment d'infanterie de ligne. Il suit l'Empereur lorsque celui-ci visite le
champ de bataille, devenue une immense nécropole à ciel ouvert.
Après plusieurs mois passés en garnison à
Sedan, ponctués par les bals et les
conquêtes féminines, Billon est promu lieutenant avant d'être expédié en
Espagne. Il se retrouve devant Saragosse assiégée par la Grande-Armée. Cette
mémorable campagne d'Espagne est une des mieux décrites par notre lieutenant.
Nous sommes en mai 1809 et le 14ème de
ligne se retrouve isolé et entouré par les guérillas. Il faut se rendre. Voici
Billon prisonnier à Tarragone et en proie à « une fièvre ardente ».
Après son rétablissement, il est envoyé dans la ville de Mahon (de Minorque)
aux Baléares, avant de rejoindre la sinistre île de Cabrera en avril
1810. Son récit prendra dès lors des tonalités dramatiques avec son séjour sur
ce rocher de souffrance et de mort.
Mais son périple ne s'arrête pas là, car l'année
suivante, à Porsmouth, c'est l'enfer des pontons anglais qui l'attend.
En mai 1814, Billon fait partie de ces prisonniers
français qui sont expédiés en résidence surveillée sur le continent anglais.
Nous le retrouvons dans le Devonshire, à Moreton Hampstead, découvrant les
mours britanniques et faisant sa cour à un joli minois... Mais cette nouvelle
existence n'est que de courte durée car il est envoyé en Ecosse par l'amirauté
anglaise
Que de chemin parcouru avant de retrouver la
France ! Billon la retrouvera au moment au cours duquel Napoléon débarque
à Golfe-Juan.
Le 25 mars 1815 voit notre lieutenant présent avec
son régiment à la revue passée aux Tuileries par l'Empereur. Trois jours plus
tard il est fait capitaine
« Le 14ème fut désigné pour faire
partie de l'armée des Alpes sous le commandement du maréchal Suchet » nous
apprend Billon. Il sera donc engagé dans l'un des derniers faits d'armes de la
Grande-Armée, lors du combat de L'Hôpital, le 28 juin 1815.
Après la chute de l'Aigle, Billon est mis en
demi-solde et même une existence paisible à Uzès. Il se marie même avec son
amour de jeunesse.
Il reprendra du service en 1831, en acceptant
« le commandement de la lieutenance de gendarmerie de l'arrondissement
d'Uzès », fonction qu'il occupera jusqu'en 1841.
Devenu veuf, et à la retraite, il ne se consacrera
plus qu'à la rédaction de ses « Souvenirs », comme nous l'avons dit
plus haut. A. Lombard-Dumas, son arrière-petit-neveu, publicateur de la
première édition, nous
apprend dans sa préface que le vieil homme revenait sans cesse sur son ouvrage,
au point d'en ajouter « des appréciations quelque peu incohérentes sur les
hommes et les choses qu'il traversait, n'ayant rien de commun avec les
souvenirs du Vélite ».
Nous étions alors sous le Second Empire et un autre
Napoléon présidait aux destinées de la France.
L'ancien soldat de la Grande-Armée s'éteignit en
1865.
C'est grâce à son talent de mémorialiste que
revivent sous nos yeux les pages glorieuses de l'Epopée.
Avertissement
CHAPITRE
PREMIER
Enrôlement dans le corps en formation des Vélites - Écouen
- Les Vélites sont versés dans la Vieille Garde - Sacre de Napoléon - Trait de
bonté de l'Empereur - Mlle George - Camp de Boulogne - Ulm - Munich - Vienne -
Austerlitz - Aventure galante
CHAPITRE
II
Retour à
Paris - Le duel dans l'armée - Campagne de 1806-1807 - Une ronde nocturne de
l'Empereur - Iéna - Généraux prussiens prisonniers - Entrée à Berlin - Quartier
de Posen - Varsovie - Eylau - Le docteur Larrey - Heilsberg - Friedland -
Retour en France - Garnison de Sedan - Arrivée à Bayonne - Promotion au grade
de lieutenant
CHAPITRE III
Guerre d'Espagne - Saragosse 1808-1809 - Arrivée devant Saragosse - Position ; défenses de la ville - Les moines - Les femmes - Héroïsme de la belle Augustina - Premier assaut - Résistance furieuse - Proclamation de dom Bazile - Batailles des rues - Brusque levée du siège - Bataille de Tudéla - Second siège de Saragosse - Prise du Montetorero - Junot remplace Moncey - Lannes - Mort du commandant Stahl - Divers épisodes - Prise de l'Université - Capitulation de la ville - Palafox
CHAPITRE IV
Prisonnier
de guerre - Mahon ; Cabrera - Poursuite des guérillas - Rivières débordées - Isolement - Résistance désespérée - Captivité : Lérida, Tarragone - Persécutions
morales - Le bon Pedrillo - Pépa - Arrivée à Mahon - Bals et spectacles - Faible espoir d'évasion - L'amiral Collingwood - Massacre de quelques prisonniers
- Cabrera - Regard en arrière sur Baylen - Supplice de la faim à Cabrera - Bienfaisance du général Exelmans - Cruel
gouverneur - Indigne aumônier - Distractions - Théâtre
CHAPITRE V
Départ de Cabrera - Gibraltar -
Projet de révolte à bord - Les pontons anglais - Départ pour l'intérieur -
Mours anglaises - Rachel et Chloé - Vexations ; désertions - En Écosse - Mungo Park
- Walter Scott - Intempérance ; esprit anglais - Rapatriement
- Retour de l'île d'Elbe - Rentrée au
14e - Une mission périlleuse - Revue aux Tuileries - Bugeaud - Armée des Alpes - Célèbre combat de l'Hôpital - Retour au pays natal
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